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 [R-17]: route nocturne

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MessageSujet: [R-17]: route nocturne   Sam 5 Aoû 2006 - 16:59

+ Voila ma première fiction!! ça ne commence pas en vampire, mais ça va venir!! n'hésitez pas à me donner votre avis, mais s'il vous plait, ne la continuez pas pour le moment, je voudrais travailler dessus encore un peu! +


PROLOGUE

Jeff étouffait. Il ne s’appelait pas Jeff en réalité, mais son prénom, son nom, sa famille, l’ensemble même de sa petite vie tranquille lui apparaissait aussi sinistre que les bouteilles de scotch vides jonchant le sol de sa chambre. La nuit était tombée depuis longtemps, mais il n’allumerait pas la lumière. Il aimait l’obscurité. Les ombres changeantes donnaient à la pièce des allures différentes à chaque seconde, tout juste interrompues par les éclairs obscènes des phares de voitures, dans la rue sous ses fenêtres. Il but au goulot une nouvelle lampée du liquide ambré, mais l’ivresse ne dissipait pas son dégoût. Il avait juste envie de rendre son dernier repas et de se fracasser la tête contre les murs. Il imagina pendant un moment l’effet de sa cervelle éclatée contre les poster de Bauhaus. Elle resterai une seconde collée au papier noir comme une grosse portion de faisselle rongée par de petits vers écarlates, poisseuse de sang. Puis, avec hésitation, elle coulerait lentement le long du mur, pour échouer avec un petit bruit écœurant près de sa boîte crânienne. Emmêlés une nouvelle fois, comme deux fleurs sanglantes, du kudzu en éclosion.
Mais Jeff ne partageait pas la fascination des plantes de chair de Stefan, ni la passion morbide de voir couler son propre sang comme Ran et Kira. Ses amis avaient trouvés leurs voies : macabres, destructrices, mais ils y avançaient. Lui, sous son faux nom, il se contentait d’infiltrer les bars sombres et de se saouler de cocktails écarlates. Ses mèches noires caressaient les comptoirs crasseux et le cuir élimé de sa veste.

Ce soir, il était enfin sortit de son alcôve de scotch, et, accoudé aux acajous écaillés, les pointes aigües de son bras baignant dans la bière bon marché, il regardait : les piliers de bar, vautrés dans les tee-shirts mouchetés de graisse, les yeux fous et la voix vulgaire, faisaient résonner les murs de la dernière histoire sexuelle du héros du soir. Jeff se dit distraitement qu’il voulait bien voir le visage de la blonde opulente qui avait voulu de cet homme. Son visage était si repoussant qu’il lui évoquait celui d’un phacochère fouillant dans sa propre merdre de quoi se nourrir. Mais il vit du coin de l’œil sa voisine de comptoir plonger dans sa vodka, les larmes aux yeux, entourée par ses sœurs siamoises dans l’horreur du mauvais goût. La femme- elle disait s’appelait Sharon, mais c’était sans doute aussi vrai qu’il s’appelait Jeff- reposa son verre, les lèvres trempées d’alcool, le rouge à lèvres en berne. Les ongles rouges écaillés faisaient pendant au vernis du bar, elle se tortilla dans sa mini robe rouge, rouge comme ses escarpins, rouge comme son sac, rouge comme ses yeux de lapin malade. Mais ce soir, Jeff le savait aussi clairement que si elle l’avait chanté en dansant sur une table, elle aurait de quoi parler, et glousser avec ses vieilles copines, tortiller ses mèches blond crayeux, crevasser d’un rire faux leur visages à toutes sur lesquels se plaquait la toile d’araignée rigide de la vieillesse dont on ne veut pas. Elles avaient bien tenté d’en avoir à raconter avec lui, attirées par son regard ambre et la courbe sensuelle de son visage, mais Jeff les avait gentiment repoussé, sans méchanceté, mais avec une profonde compassion. Elles essayaient toujours, plus par jeu que par espoir, mais Jeff buvait tranquillement les pulpes pourpres de son verre. Il attendait. La porte du bar s’ouvrit, claqua contre le porte-manteau, et une groupe jeunes gens entra, conquérant. La fleur de la jeunesse leur donnait cette assurance inébranlable de posséder le monde, d’en jouir et de l’en faire crever. Jeff détailla chacun des nouveaux venus. Le chef de cette petite bande, un garçon blond, les mèches collées par le gel, les souliers impeccablement vernis, le jean vierge, le regard blasé d’adulte juvénile. Comme tous. Jeff paya sa consommation, et se leva pour sortir. Une des filles, une gamine de 16 ans tout au plus, à l’allure de procureur lui fit une œillade qui n’aurait pas incendié un naufragé depuis des années, et Jeff de dégagea de cette étreinte visuelle d’un mouvement de tête rageur. Ses membres le démangeaient, le scotch et les différents cocktails se disputaient dans sa poitrine. Il tituba sur les pavés mal joints, et s’écroula dans une flaque. Il ne put se retenir d’y régurgiter tout ce qui tanguait dans sa gorge. Il n’avait même pas la force de se relever et resta le nez dans cette eau boueuse qui sentait l’essence, l’asphalte, la bile et l’alcool. Il devait faire quelque chose. Il devait s’en aller….
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