Ankh L'Immortel

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 [R] Autobiographie d'un prisonnier

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Sophia Mc Gor

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MessageSujet: [R] Autobiographie d'un prisonnier   Mer 8 Juin 2005 - 20:32

Par Sophie Schweitzer

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Voilà deux jours que je demandais du papier, je l’ai obtenu. J’ai eu du mal mais je l’ai obtenu. Mon avocat est un foutu type qui se croit le plus fort mais qui n’est même pas capable d’obtenir du papier pour son client! Mais heureusement, j’étais là, j’ai crié un peu mais je leur ai tout expliqué. Ils ne m’ont pas toujours suivi et à la fin ils m’ont donné le papier pour que je la ferme. J’ai eu de la chance sur ce coup là, pas comme au procès. Ah! Ces salauds de jurés, ils m’ont pas raté, ça non! Ils savent que je les déteste. Ils doivent bien se le dire le soir que je suis pas gentil, que j’irais chez eux pour me venger et que j’en ai rien à foutre de leurs alarmes à la con, ça ne me fait pas peur à moi, ça non! J’les vois prier en imaginant appuyer sur la détente. A ce moment pile, je les fixerais dans les yeux, ouais! C’est dur vous savez de tuer, et se voir tuer tous les jours c’est pas pour les enfants de cœur, ça non. Mais je suis pas un enfant de cœur. Ca fait des piges que je me dis que j’aurais pu l’être mais bon. J’ai trop de haine. Je les hais vous savez. Oh oui, je les hais! C’est pas un truc facile de penser à la mort de quelqu’un mais à en prévoir les moyens de le faire, ha, ça c’est vraiment la pointe de la haine! Je sais ce qu’ils ont pensé de moi, ces salauds. Mais une fois que je leur aurais réglé leur compte, ils ne penseront plus de mal sur quiconque!!

Ouais, je sais, je suis un salaud. Mais même pas. Au début j’étais pas comme ça. Et puis même si j’arrête pas d’y penser, je l’ai pas fait. On m’a dit que tant qu’on l’avait pas fait on l’est pas. Bin je le suis pas! Vous savez j’ai pas toujours été comme ça, ah ça non! J’ai été super gentil avec maman. Jusqu’à la fin. Même lorsqu’elle avait ce putain de cancer et qu’elle crachait du sang, j’étais là. Je l’ai jamais abandonné moi! Elle le savait. J’crois qu’elle le savait. En tout cas elle m’aimait. Et pour peu, je l’aimais aussi. Et puis y a pas que ça. Je payais aussi ces putains d’impôts, ouais ces trucs pour bourrer de fric les riches du gouvernement. J’ai toujours accepté ce qu’on me demandait de sortir de mon portefeuille. Ouais, même si c’était pas toujours facile. Va j’ai même aidé des gens. Comme quoi. Tu vois je suis pas méchant. J’avais toujours été gentil. J’avais pas touché à un poil de quelqu’un avant cette nuit là. C’est curieux quand même la vie. J’ai été super gentil pendant des années, ouais. Et même qu’une fois une fille m’a demandé de l’argent et qu’après elle m’a piqué ma bagnole, j’ai rien fait, j’ai juste appelé les flics. Mauvaise idée. Ils ne l’ont jamais arrêté cette fille, et en plus l’assurance n’a pas voulu rembourser. Non compris dans le contrat, mon cul! Ils ont pas envie de dépensé un dollar pour un pauvre type comme moi, oui! Ouais, y’a des injustices dans la vie et pas que des petites! Ma pauvre mère, qu’elle était intelligente celle-là, elle m’disais « fais gaffe fiston, dans la vie y a des bons qui le resteront toute la vie quoi qu’ils fassent et il y a les mauvais, tombe pas là dedans! ». J’l’écoutais mais y a des choses contre lesquelles on peut pas lutter.

Alors voilà, moi avec tout le bien qui m’était donné de faire, ouais, bin je suis devenu froid, comme une de ces portes de coffre fort. Putain! Vous voulez savoir pourquoi? Vous voulez entendre l’histoire? Elle est pas belle, c’est pas une de ces histoires qu’on met dans un joli bouquin sur une belle étagère, ça non! C’est une de ces histoires flippantes que se racontent les ados autour d’un feu. Mais je crois que le mieux c’est lorsqu’un vieux l’raconte à ses enfants, pour pas qu’ils fassent pareils j’crois. C’est pas une histoire du type la belle étrangère qui réussit, ni du couple qui se retrouve à la fin de la guerre de sécession, nan, j’vais vous épargner ça. Je sais que ça sera pas non plus une belle vérité comme celle des journaux mais au moins s’en sera une. Une qui pue et qu’on a envie de cacher. Mais la mienne. J’sais que j’crit pas pour vos beaux yeux et encore moins pour les miens, p’être pour celui qui est là-haut pour qu’il sache que j’voulais pas, mais surtout pour qu’au moins un type se dise qu’il y avait quelque chose en moi de moins salaud, de plus beau qu’on ne le pense.

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J’crois que toute histoire a un commencement, ou au moins un moment où on s’dit que là, là on a basculé. J’aimerais comprendre. Pas tout, j’en ai pas l’illusion, juste un peu comme ça. Pour pas mourir con, comme on dit. Alors j’vais tout vous dire. J’attends pas de pleur, j’sais que des gars libres n’en auront pas pour un type comme moi. Juste pour savoir que j’suis pas seul. Et puis au moins, comme disait m’an, « on saura à quoi s’en tenir avec le type d’en haut ». Alors pour commencer, au tout début, non en fait ça n’était pas tout à fait le tout début mais j’vais vous épargner le début. La nuit où ma vie a basculé… J’étais seul dans une foutue grande baraque. C’est pas banal qu’un type comme moi se retrouve dans ce genre de trip. J’vous dirais pas que j’ai été pauvre, c’est pas vrai. Mais des putains de grandes baraques comme ça, c’est rare, et des gars comme moi, ça en voit peu dans toute sa vie de con. Mais v’la que cette nuit là, j’avais peur. Je vous dirais pas que j’avais froid, ça serait idiot, au Texas fait pas beaucoup froid. J’suis un homme, un vrai, pas comme ces pédales de la télé « oh mon brushing! », nan! Mais là j’les avais. Les boules, ouais, j’les avais. J’suis même sûr que j’puais la peur comme personne! Pour sûr que j’avais les jetons. J’regardais partout comme les femmes des grandes villes. Et j’schrais mort de peur… nan c’est pas une excuse à la con! Ca vous l’dit, ça l’ai pas. La peur c’est pas fiable comme truc. Nan, c’est vrai. Ca fausse les données. C’est ça le truc, vous comprenez? Attendez, nan… nan, ça n’a pas commencé là. J’voulais passer tout par’que ça fait mal mais faut pas! J’vais vous la refaire, hein? J’sais c’est pas bien de faire ça. Mais j’le fais quand même. D’toute façon mon coloc il m’dit qu’une autobiographie ça commence toujours par le début. J’vois pas pourquoi j’y aurais pas l’droit au début. Ouais, j’dis coloc, compagnon ça fait trop pédé. Et puis coloc ça donne comme les mec à la fac. C’est sympa quoi.

Le vrai début, parce qu’il y en a toujours un! Ouais. Ca serait mon enfance. J’sais que tout l’monde dit ça mais c’est vrai. J’dis pas ça pour descendre mes parents. J’veux pas dire qu’ils m’ont mal élevé et que c’est à cause d’eux tout ce bordel, non. J’ai toujours cru qu’ils n’y étaient pour rien. J’dis pas qu’ils n’y sont pas pour rien mais j’dis que c’étaient des gens bien. C’est ce que tous les gosses disent, non? J’crois. J’vous dis tout ça pour vous montrez le contexte, vous voyez? Comme dit mon coloc le contexte c’est hyper important. J’crois que mon avocat en a parler, genre que c’était atténuant. Tout ça pour vous dire -mon coloc, un putain de mec intelligent, j’sais pas c’qu’il fout là- que l’enfance a son importance. Moi je suis devenu un merdeux en prison. V’la, j’l’ai dit. Prison. C’est marrant. Au tout début j’voulais pas l’dire, comme si ça allait me faire partir de ce putain de bordel. Bin non. En fait quand on a pas le choix on tombe dans la soumission -toujours de mon coloc, moi je suis pas assez cultivé. Prison. Ce putain de mot. Vous voyez, je l’ai sorti. Au début j’avais du mal à écrire. D’jà je suis pas habitué, ensuite c’est vachement épuisant. Et puis ce putain de mot, j’arrivais pas à l’écrire. Comme au début, je l’disais pas. Vous voyez, moi le type de derrière les barreaux, j’accepte où je suis, je me soumets à la volonté des hommes libres. Ca j’ai compris le concept, et maintenant je vous offre la vision de moi soumit. Par ce simple mot.

Alors la v’la l’histoire. Moi tout gosse je suis né dans une putain de famille. Mon père un mec comme on n’en fait plus. Il était super grand. Il travaillait dur mais il savait pas écrire un mot. Il était du vieux style… on dit vieille école dit mon coloc. Ouais, mon père était un vieux dans sa tête. Il disait qu’il fallait travailler. Le pire c’est que moi j’étais pas physiquement fait pour ça. Ouais c’était ça. Le problème que mon père se cachait. Il voulait pas l’voir. Pourtant ça se voyait. A l’école ils disaient tous « v’la le faiblard, il peut à peine porter son sac! ». J’savais bien qu’ils pensaient tous que j’resterais comme ça toute ma vie. Mais moi, j’avais ma maman, elle disait que j’étais son héros. Une mère on en a qu’une alors y’a intérêt à qu’elle vous aime. Sinon y’a personne qui t’aimera. Mais à mon père ça lui suffisait pas. J’vous dis que c’était un dur. Il n’arrêtait pas de me crier dessus en hurlant que les petits merdeux comme moi ils finissaient en enfer. Il savait un tas de chose sur l’enfer et ça me faisait peur. Mais finalement ça n’a servit à rien. V’la qu’il me frappait un peu pour que je l’aide et comme ça me rendait plus faible m’an arrivait en pleurant et criait aussi. C’était si horrible. J’dis pas que j’aimais pas quand m’an me donnait plein de bouffe parce que j’étais trop faible, nan, j’le dirais pas. Mais v’la que j’étais bourré comme une vache, les vaches elles dégueulent mais pas un gamin de quatre ans, nan. J’crois que quand j’étais plus grand genre 10ans, j’ai commencé à aider mon père et que j’étais tout fier sauf qu’il n’y avait plus de ferme parce qu’on avait dû la vendre et que mon père travaillait à la ville. Moi j’courais après lui en criant que je pouvais l’aider et lui il se retournait et m’en collait une.
« Tu n’es qu’un sale con mon fils! Ca sert à rien que tu me cours après! T’as pas encore compris? Tu ne me sers à rien! A cause de toi on a perdu la ferme et ta mère pique des crises tous les soirs! »
Sauf que c’était un mensonge. C’était à cause de lui que maman pleurait le soir en criant et jetant tout par terre. Chaque soir il puait l’alcool. Il rentrait après le début de la nuit. J’voyais ça au bruit qu’il faisait et à la façon dont il marchait. Vous savez, pas droit. Il butait contre tous les trucs qui traînaient par terre et à chaque fois il hurlait. Mais lorsqu’il ouvrait la porte, c’était le pire! Il puait tellement et maman avait les larmes dans les yeux. Elle le fixait avec ce regard plein de compassion -j’crois qu’on dit comme ça. Elle louchais sur la bouteille et la lui prenait. C’était lorsqu’il hurlait pour qu’elle lui rende que je collais mes mains sur mes oreilles mais ça suffisait pas. Alors je descendais l’escalier pour les voir. Leurs silhouettes dans le noir qui s’agitaient. V’la qu’elle hurlait, v’la un coup. V’la qu’il lui répondait durement, v’la un truc de brisé par terre dans un grand fracas. Elle commençait toujours par des phrases du genre « tu devrais arrêter de fréquenter ce bar » mais lui il criait tout de suite. Et elle, elle bin, elle supportait pas. Elle pleurait toute la nuit alors que lui, v’la qui dormait comme si de rien n’était alors qu’elle pleurait toute seule dans le noir. J’avais peur qu’un jour il la frappe trop fort et qu’un jour elle ne se réveille plus. Mais c’est pas comme ça que ça a finit. Ca a finit lorsqu’elle lui a dit « je suis ta femme et par amour je peux tout accepter venant de toi, même les insultes, même si ça fait mal, mais lui, il n’est qu’un gosse. Tu peux pas lui donner des coups et demander qu’il t’aime. Moi je peux plus supporter la façon dont tu le traites. Tu n’es pas un père pour lui. » Ba sur ce coup là, j’crois qu’elle a dû y aller trop fort parce que papa il a disparut. Maman pleurait quand je suis rentré de l’école. Elle disait qu’il ne reviendrait plus. J’lai cru. Il tenait toujours ses promesses.

C’est vraiment là que j’m’suis révélé j’crois bien. Mais dans la vie on n’est jamais sur de rien. Encore une de ces foutues vérités à deux dollar mais bon dans la vie on se rend compte que tout à de la valeur même les petits merdeux de mon genre. J’sais bien que le fait de travailler à 12ans n’excuse rien, surtout qu’à l’époque beaucoup le faisaient. Mais vous savez c’était le premier coup dur, le premier d’une longue liste. J’sais bien ce que j’dis. Les coups comme ça lorsque ça vous arrive vous n’avez plus qu’à chialer, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. J’sais comment son les gens lorsque vous êtes un paria, ouais c’est comme ça qu’on dit mais moi l’écrivant ça fait drôlement bizarre. Le truc con, c’est que lorsque le chef de la famille se casse tout commence à aller mal. Les trucs qu’avant on se disaient que ça n’était pas si grave que ça prennent de l’ampleur et qu’on se retrouve dans la merde avant d’avoir réalisé. Et pire, le fait de savoir que votre père est parti, ça vous donne pas envie de réparé les choses qui vont mal. Ca donne juste envie de pleurer ou foncer droit dans un mur juste pour dire qu’on est capable de ça et puis aussi parce qu’on croit que comme ça on n’y pensera plus. Mais c’est pas vrai, on a juste envie qu’il revienne, on a pas envie de comprendre. Surtout lorsqu’on se doute qu’il est pas parti pour des problèmes économiques, et qu’on a pas envie de se rendre compte que votre père s’est casé parce qu’il ne vous aimait pas et qu’il en avait assez de cette vie. Et puis tu te dis que c’est de ta faute. Au final t’a envie de te crever mais t’en a pas le courage surtout lorsque tu sais que tu es la seule personne qui soit là pour ta pauvre mère. V’la. Après tu pleure comme une fille, t’a honte mais tu peux plus t’arrêter. Tu te dis que ton père étais un salaud mais au fond tu te dis que lui avait raison. J’dis pas qu’avoir un père qui ce fou de toi et qui te laisse dans la merde toi et ta pauvre mère c’est une excuse. Mais quand même, parce qu’on était vraiment dans la merde… personne n’aide des gens dont le père est parti, va savoir pourquoi. Tout ça pour dire que t’a plein d’ennui d’argent, que ta mère n’arrête pas de chialer. Alors même si c’est pas une excuse moi j’dis que ça y ressemble drôlement.


Dernière édition par le Mer 8 Juin 2005 - 20:36, édité 1 fois
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Sophia Mc Gor

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MessageSujet: Re: [R] Autobiographie d'un prisonnier   Mer 8 Juin 2005 - 20:33

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J’aimerais dire que j’regrette. J’sais pas ce qui est le plus dur. Sans doute savoir qu’on est comme un con enfermer sans pouvoir rien faire. On n’a pas cette liberté soit-disant guide de notre patrie. On s’dit que tout le monde s’en fou de toi. Dehors ils continuent à vivre, à évoluer comme ils disent tous. J’me dit que sert à rien, j’agit sur personne et je vois pas ce que ma vie vaut, alors que dehors ils se disent un tas de truc et j’en sais rien du tout. J’m dit bien que lorsque je sortirais je serais tout con, sûrement parce que je n’aurais pas su ce qu’ils se disaient dehors. Un peu comme les types qui sortent du coma. J’ai entendu ces drôles d’histoires sur ces types dans le coma qui dorment depuis 20ans et bam, d’un coup ils se réveillent frais comme un gardon! Et bin nous ça sera pareil sauf qu’on est pas très frais. Les libres ne pensent jamais à nous. J’dis pas qu’ils devraient la plupart ne le mérite pas! Mais j’sais bien qu’il y a un tas de type qui mériterait d’être avec nous dans la tôle. Y a des trucs que je supporte pas comme Bush président ou encore les écolos mais je n’irais pas les tuer, y en a-t-il qui ne supporte pas les types en prison? Parce que la tôle c’est pire que la mort! Mais ceux qu’on tue en prison, avec ces gaz, les chocs électriques, les produits chimiques dans les veines, ça c’est inhumain comme mort. Moi j’dis qu’on mérite pas grand chose mais on n’est pas des animaux.

J’dis qu’la vie m’a pas fait d’cadeau, ça c’est vrai. Mais ça m’est arrivé d’avoir de la chance comme on dit. Les guerres m’ont épargné, ouais, et j’ai pas été chopé par ces connard de chauffards qui eux ne vont jamais en prison. Nan. Mais bon. A 16 ans j’ai tout lâcher. A l’école on disait qu’j’étais innocent, pas doué quoi! Alors comme m’an elle ne pouvait plus travailler, ouais elle avait déjà des problèmes de santé. Bin moi j’ai cherché du job. On n’en était pas encore à cette fichue crise, du coup j’ai chopé un truc dans un super marché qu’ils appelaient ça. C’était un truc géant qui prenait une place folle. Un tas de type qu’on aurait pu loger moi j’dis. Mais il y avait plein de brick à braque dans ce fichu machin. Franchement il y avait de la bouffe pas chère et ça c’était bien alors j’dirais pas de mal. Les mecs là-bas ils étaient bizarres tout de même. J’vais pas chialer c’est pas mon genre, mais depuis cette affaire j’me suis résigné. Alors v’la l’histoire, y’a un de ses types qui font toutes les villes ne se posant jamais qui débarque. Et vas-y que je te sors le flingue new-yorkais, le costar de chicago. Mais v’la que lorsqu’il part, y’a la caisse qui a disparu, ouais et pas qu’un peu. Du coup y’a les flics qui débarque. Moi, j’les aimais déjà pas trop, du coup ils ont dit que c’était moi. Ils m’ont voulu me faire dire de drôle de chose, mais moi j’disais rien, je fermais ma foutue gueule parce que je savais bien ce qu’ils voulaient me faire!! Après y’a un type zappé comme un grand qui se ramène et qui sort qu’ils ont pas de preuve, que je peux me tirer mais qu’au prochain coup ils m’auront. Tu parles! J’me suis taillé. Ils ne m’ont plus jamais revu, ouais!

Et puis dans l’nord, j’ai rencontré une jolie fille. Elle était blonde, la peau mate comme les étrangers. Elle parlait un peu de français et ça sonnait bien dans sa bouche. En fait je la trouvais belle. Ouais, très belle. Même que je l’ai invité. Ce soir là, ses yeux… hum! Ils brillaient, c’était beau. Ouais, j’avais jamais rien vu de pareil. J’lui ai dit. J’lui ai murmuré à l’oreille comme ils font les jolis cœurs, j’lui ai dit plein de choses douces. J’y connaissais rien. Tout ai sorti et ça m’a bigrement étonné! J’crois bien que j’ai eu le foudre de tonnerre… ou le coup de foudre, j’sais plus comment on dit. J’sais aussi qu’elle m’aimait. Elle avait ce truc dans les yeux comme ils disent tous. Mais v’la que l’autre à débarquer. Un anglais. Il disait qu’il s’appelait Sieur quelque chose… un nom vachement compliqué! Mais elle, elle était subjugué, j’crois qu’on dit ça. Il disait qu’il l’avait déjà rencontré et des conneries de ce genre. Mais elle, elle gobait tout. Et quand j’lui disais que tout ça, bin c’était des bobards, elle refusait de me croire. Soit disant que j’mentais. Comme si j’aurais pu! Elle voyait pas que j’était fou d’elle, elle n’avait plus que d’yeux pour lui. Ah son anglais! Elle y tenait, elle ne le lâchait plus. Le fourbe, il en profitait tien! Mais c’est avec moi qu’elle a choisit de vivre, dans une vieille maison abandonné. Ouais. J’étais fier et tout! J’me disais qu’il pouvait bien revenir l’autre que c’était moi qu’elle aimait. J’me suis bien planter! Le soir où il est revenu, ça faisait un bruit à réveillé les morts! J’jure. Il était à bord d’une grosse bagnole rouge qui flambait comme un de ces trucs de New York. J’ai su qu’après que c’était une voiture de sport. L’ennui c’est que les types qui ont ce genre de bagnole, ils raflent toutes les filles! Alors v’la que la Monica elle se lève d’un bond de notr’lit et met en vitesse un truc qu’on appèle robe de nuit ou un truc dans ce goût là. V’la t’y pas que c’était mon cadeau pour son annif, un beau truc genre soie qui m’a coûté une fortune! Et pan! Elle le met pour ce type, elle lui fait les yeux doux tout ça parce qu’il avait cette putain de bagnole. Putain de merde! Elle a parler avec lui des heures, j’crois bien qu’il lui plaisait l’english parce qu’après, quand il est reparti, elle n’arrêtait pas de parler de lui. Mais ce soir là, il est resté, le salaud! Le matin j’ai trouvé ma Monica sur le canapé à moitié nue pendant que l’autre préparait le p’tit dej. J’jure que j’avais pas envie de le tuer, mais quand même, j’dois avouer que ça m’aurait pas déplu qu’il crève là immédiatement sous mes yeux. Ensuite j’sais plus ce qui s’est passé, si c’est elle qui pleurant tous les jours, ne trouvant plus aucune joie m’a dit qu’elle l’aimait ou si c’est moi qui en eu assez des crises de larmes et lui ai demandé si elle l’aimait plus que moi. En tout cas elle m’a dit ce que je pensais depuis longtemps, alors tout de go, j’lui ai dit d’aller avec lui si c’était ce qu’elle voulait mais que elle irait en enfer à cause de ce qu’elle m’avait fait mais que moi je m’en cognais. Ce qui entre nous était totalement faux. J’ai cassé tout ce qui lui appartenait lorsqu’elle est partie. J’regardais la route où il était arrivé avec sa cariote rouge. Franchement si j’avais été une femme, putain j’aurais chialer comme un môme!
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Sophia Mc Gor

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MessageSujet: Re: [R] Autobiographie d'un prisonnier   Mer 8 Juin 2005 - 20:33

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Après j’suis rentré à la maison. M’an était devenue plus fragile, déjà elle avait des cheveux blanc et puis elle n’arrivait plus à faire tout toute seule. Alors je l’ai aidé. C’est là que j’ai rencontré ma femme, Lana. C’était pas une fille aussi belle que ma salope de Monica, mais putain, cette Lana elle était incapable de faire un truc aussi horrible. En fait c’est elle qui m’aimait trop. Elle m’collait, m’disait de putain de truc, des trucs qui vous font dire que finalement vous êtes pas si nul que ça. Ouais, Lana elle savait parler aux hommes! J’crois que j’étais un peu déboussolé parce que j’me rendais pas compte à quel point elle était givré. Elle parlait parfois dans le vide mais j’m’en fichais, je savais qu’elle m’aimait et c’était ça qui importait à mes yeux. J’avais tellement besoin d’amour. J’ai été fichtrement idiot mais finalement je ne regrette pas de l’avoir épousé, juste d’avoir été si aveugle! Je ne pensais pas que si elle regardait l’herbe pousser elle était folle. J’vous jure qu’elle la regardait. Le pire c’est que je la laissait faire, j’disais rien, comme si c’était normal. J’me rappèle de m’an qui me demandait quand je lui ferait ma demande. Elle se disait bien que cette fille serait bien pour moi. Elle risquait pas de partir avec un autre, pour sûr! Mais v’la, moi j’étais timide. L’jour où je lui ai demandé il pleuvait et on s’est abrité sous une vieille baraque branlante. Elle a trouvé ça romantique, j’aurais dû trouver ça bizarre… Et elle m’a dit oui, elle a hurler qu’on était le couple préféré de Dieu. Ouais, elle était sacrément croyante. Si Dieu l’entendait pas, c’est qu’il existait pas! J’dis pas que j’ai fait ça pour l’argent mais c’était aussi un sacré truc pour motivé! On a fait un beau mariage, tout en blanc avec des flowers partout. C’était rudement joli. Elle aussi était belle. On aurait dit un ange, elle m’apparaissait dix fois plus belle que toutes les Monica du monde. J’crois que l’aimais vraiment, ouais, je l’aimais. Je n’avais plus peur de lui dire mes sentiments. J’avais envie d’elle pendant toute la cérémonie. J’vous dit pas la sacré nuit de noce qu’on a passé. Elle était si belle avec ses petits seins ronds, elle avait un corps de jeune fille et j’adorait ça. Combien de fois ais-je parcouru son corps lui murmurant des mots doux? Au début on était drôlement heureux. On s’amusait comme des fous, on ignorait tout un tas de problème, on s’en fichait totalement. Comme on était ignorant, fous de croire pouvoir échapper au monde! Mais v’la on était amoureux. On a fait un tas de truc fou, comme tout le monde j’crois. C’était une belle période. Lana n’avait presque pas de problème. Elle allait bien, je crois que le bonheur effaçait tout problème.

Et puis il y a eu ce boulot. M’an avait de plus en plus besoin de soin et j’voulais pas liquidé l’héritage de Lana. Alors j’ai dû aller travailler en ville. Lana a tout de suite commencer à plonger. Elle disait voir une jeune adolescente, elle parlait tout le temps de cette putain de fille. J’avais beau lui dire qu’il n’y en avait pas… Elle criait, elle hurlait qu’elle existait.
« Si elle existe, j’te jure que je l’ai vu. Je ne mens pas! »
Elle pleurait et je la prenais dans mes bras, on finissait par s’endormir ainsi. Elle n’était pas lourde et sa peau était toute douce, j’adorais ça. Je n’ai jamais pensé aux médecins de la ville pour la tête. Elle avait parfois des crises mais ça passait vite. Il y avait eu aussi l’histoire du bébé. Elle avait cru être enceinte et puis le soir je l’ai trouvé avec un bébé le câlinant. Quand je lui ai demandé d’où il venait, elle m’a dit que c’était le nôtre, que le bébé n’était pas mort mais qu’il était là. J’ai compris le lendemain que c’était celui d’un voisin, j’ai dû le rapporter en m’excusant, lui sortant de vieux prétextes. Le soir même j’ai crié sur Lana, j’étais désolé, énervé, je ne pouvais pas comprendre. En fait, j’commençais à réaliser la folie de ma femme. Je revoyais chacun de ses actes sous une coloration différente, c’était très troublant, effrayant même! Alors quand le boulot à commencer à devenir étrange, des échanges de truc pas légaux, j’ai fermé ma gueule, remarquez ça m’a pas trop porté préjudice, lorsque la police a débarqué. Ca a surtout effrayé m’an. Elle a fait une crise cardiaque, du coup on l’a emmené à l’hospice, on était vaguement inquiet! J’ai cru un instant qu’elle allait partir, mais c’était pas encore son heure. Lana et moi c’était réconcilié, elle a été super, elle me consolait comme personne n’aurait pu le faire. Je l’ai toujours remercié pour ça. On a fait l’amour dans une chambre voisine j’crois. Ca été super. Plus tard j’ai compris que c’est cette nuit là qui m’a apporté le plus beau cadeau que puisse vous apporter la vie, un enfant.

Ouais, le ventre de ma Lana s’est mit à grossir comme une pastèque et puis après c’était même bien plus gros. Et puis pendant cette période où je pouvais plus toucher ma Lana, y’a eu Dina. C’était la p’tite sœur de Lana, elle venait de New York. Elle était super jolie, elle avait le charme de sa sœur avec en plus les attraits de la jeunesse. Elle avait un sacré accent mais c’était joli à entendre. Elle voulait devenir actrice, aller à Los Angeles, voir du beau monde qu’elle disait. Mais j’savais pourquoi Lana m’avait demandé de m’occuper d’elle, elle voulait pas que sa p’tite sœur se fasse trop d’illusion. Elle avait déjà les illusions de la jeunesse. Et v’la comment Dina et moi on a finit ensemble dans un lit, elle nue avec sa poitrine si énorme, ses fesses rondes à l’air et moi la fixant comme une gourmandise, mon sexe pointant sous le drap. Dina était une sacré fille, elle n’avait pas froid aux yeux, elle sortait avec un tas de type mais chaque soir, après avoir fait jouir plus d’un homme elle revenait vers moi, les yeux pleins de larmes me disant qu’elle ne ressentait rien et puis on finissait encore dans le lit, ressentant un réel plaisir l’un et l’autre. Elle avait cette fraîcheur que n’avait pas Lana. Je ne cessais de penser à Lana, j’me demande si ça compte comme preuve d’amour. J’crois bien que j’exagère. Mais Dina était superbe et j’étais bien trop faible pour lui résister ou même résister à mes pulsions. On a dû faire ça pendant un bon mois, Dina se montrant à chaque fois plus douée, plus douce, plus provocatrice de plaisir. Mais un jour je lui ai dit, j’lui ai conseillé de se trouver un mec de son âge. J’crois qu’elle a crié trop fort ou peut-être ma colère avait éveillé les soupons en Lana, toujours est-il qu’elle est arrivée, qu’elle a ouvert grand la porte qu’elle s’est jetée sur Dina la couvrant de coups, la traitant de salope, de traîné, de pute, qu’elle lui avait fait confiance et qu’elle était la putain du diable. Et Dina criait que je valais rien, que je n’étais rien pour elle, qu’un coup de plus et un bon coup de surcroît. Elles pleuraient toutes les deux. Dina n’est plus jamais revenue, elle a disparu en claquant la porte. On n’a jamais su ce qu’elle était devenue, elle devait m’en vouloir peut-être. Je m’suis toujours demandé si elle avait pas fait tout ça pour énerver sa sœur. Lana s’est ensuite jeté dans mes bras, me couvrant de baiser, me poussant sous la douche comme pour me laver de sa sœur. Elle me murmurait qu’elle me pardonnait tout, qu’elle savait quelle sorte de vicieuse était sa sœur. Elle avait pété un câble. Mais sur le moment j’ai rien dit. Comme un con j’ai fermé ma gueule au lieu de lui dire qu’elle était bonne à enfermer et quoi qu’il se soit passé j’en étais autant coupable que sa sœur et qu’il était injuste qu’elle nous traite différemment ! Malheureusement j’étais encore un pauvre type qui avait cruellement besoin d’amour, j’en oubliais ma fierté et lui baisait les mains. J’étais heureux qu’elle m’aime encore parce que m’an allait mourir et que Lana attendait un enfant de moi. Je pouvais pas l’abandonner et elle ne pouvait pas me laisser de côté. C’était ainsi clair dans mon esprit et je me disais que la petite Dina s’en remettrait, qu’elle était encore jeune et que ça n’était rien.

Plus son ventre grossissait plus ma pauvre Lana devenait folle. Chaque jour c’était de pire en pire. Je la surprenais à faire de la cuisine pour un mariage, alors que le nôtre était passé depuis 3ans. Elle passait aussi ses nuits dans notre grange alors qu’il n’y avait plus de bête depuis que mon père les avait vendus. Je la prenais dans ses cas là dans mes bras, la cajolait, puis je la couchais dans notre lit. A ce moment là m’an quitta l’hôpital, les médecins avaient trouvé une tumeur bien trop importante pour qu’on puisse l’opéré. Ils disaient qu’elle allait mourir et m’an ne voulait pas mourir dans un hôpital. J’avais crains que ça ne soit pire, entre m’an et Lana mais les deux se sont occupés de l’autre et mutuellement elles se sont entraidées. Je revenais le soir et Lana allait bien, elle préparait une soupe pour m’an qui veillait sur Lana. C’était merveilleux. Du coup lorsque Lana accoucha, m’an était là pour l’aider. Il y avait aussi une médecin. Elle prit le bébé lorsqu’il sortit entre ses mains comme s’il était de verre, je le saisis de la même délicatesse, c’était un garçon. M’an l’appela Jared. Lorsqu’on le monta dans notre chambre, Lana s’évanoui. La médecin dit qu’elle avait besoin de repos et que je devais l’obliger à garder le lit au moins trois jours. Mais lorsque nous redescendîmes, m’an était morte. Elle avait un grand sourire sur le visage, elle était morte heureuse et c’est tout ce qui importait. La nuit fut douce et au matin mon fils pleurait. Je savais ce qu’il fallait faire, lui donner le lait. Comme Lana devait se reposer je préparais un biberon. Oh, quel bonheur de faire cela! Qu’un père l’ignore ne connaisse pas une telle joie, cela est impossible! J’étais aux anges, mon fils était si beau. Il n’avait pas la faiblesse physique dont j’ai été affublé pendant mes jeunes années, il n’avait pas mon teint laiteux, sûrement dû au mélange de couleur de peau avec ma Lana. J’étais fou de joie. Si bien que j’eu du mal les premiers jours à laisser mon fils à la maison pour aller travailler. Lana se remit cependant rapidement et j’étais moins inquiet de les laisser seuls. J’oubliais la folie de Lana car elle n’en montrait aucun signe. J’crois que la part de culpabilité que je ressentais envers sa folie me poussait à l’oublier. Putain si j’avais su!
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Sophia Mc Gor

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MessageSujet: Re: [R] Autobiographie d'un prisonnier   Mer 8 Juin 2005 - 20:34

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Jared n’avait pas le moindre grain de folie, il était très beau comme enfant, un charmant petit bébé. Il ne nous faisait pas nous lever à des heures impossibles et nous n’avions besoin de le gronder. Il était si touchant dans ses comportements. Je ne pleurais pas beaucoup la mort de m’an, bien que je l’eusse aimé de tout mon cœur, j’ne pouvais pas ciament laisser mes larmes couler devant mon fils ou la jeune mère si fragile! Lana et moi on a recommencé à faire l’amour lorsque Jared eu sa propre chambre. On était maladroit et parfois Lana se souvenait de sa sœur et s’arrêtait en pleurant toutes les larmes de son corps. Lorsqu’on était seul, tous les deux, elle se laissait aller et me disait que sa sœur était morte, qu’elle le savait. C’était horrible de la voir comme ça. Si horrible. Je la prenais dans mes bras et la serrais fort contre moi. J’avais peur qu’elle me repousse et qu’elle se précipite dans la chambre de notre fils pour tout lui dire mais elle n’en faisait jamais rien. V’la que ma Lana réfléchissait aux conséquences de ses actes. J’étais fier d’elle malgré tout. Jared était un enfant si doué pour comprendre ce qui se passait sous ses yeux. Nous fîmes la comédie et j’crois bien qu’on aurait fait un bon film parce qu’on jouait super bien la comédie. Lana préparait le dîner le soir quand j’arrivais et mon fils se baladait à quatre pattes sous la table. J’embrassais ma femme devant lui. Il fallait qu’il sache que j’aimais Lana même s’il ne devait jamais savoir à quel point j’étais lâche et à quel point Lana était folle. Je prenais toujours Jared sur mes genoux après dîner pour lui raconter comment son grand-père était devenu le fermier le plus riche de toute la région ce qui était vrai lorsque j’étais né. Je lui racontais un tas d’histoire véridique dont j’exagérais le côté héroïque des personnages. Ca n’était plus sa grand-mère morte en lui donnant un prénom mais super mamy qui veillait sur lui du paradis, et dont il pouvait ressentir la présence partout puisqu’elle était comme Jésus partout où il allait. Mon fils reçut une bonne éducation, il croyait vraiment en Dieu, parce que Lana trouvait ça important mais aussi parce que ça me semblait mieux qu’il y ai un point commun unique avec Lana. Toutes deux étaient très liés et j’aimais savoir ce lien fort et puissant.

J’ai jamais été doué pour dire tout ce que j’avais sur la patate sans insulter les gens. Le politiquement correct c’est pas mon truc. Ca tombe bien ici le politiquement correct ça n’existe pas! Mais c’est vrai que y’a des moments où il faut s’arrêter au moins pour respirer. Moi j’dis que ça fait du bien. C’est même nécessaire dans bien des cas. Hé bien Jared a été notre pause à nous Lana et moi. Il a été notre seconde chance. Devant lui était un couple parfait et ça nous plaisait. On s’est remis à faire l’amour en hurlant pour qu’il sache qu’on s’aimait. J’offrais un tas de chose à Lana et à Jared. Mon job même allait parfaitement bien. Je n’ai jamais autant gagné de toute ma vie que lorsque Jared avait six ans. J’ai eu une prime et ça été le bonheur, on n’avait plus besoin de faire des crédits on a même remboursé nos crédits. C’était génial comme période. Non seulement ce gosse était un don du ciel parce qu’il n’avait aucun défaut, il n’avait subit aucune des douleurs que Lana et moi on s’auto infligeait mais en plus il avait une vertu guérisseuse envers notre couple. A l’école il s’est fait des amis. Moi qui croyais qu’il en aurait jamais, il était bien trop parfait mais apparemment les choses avaient changé, le parfait était totalement accepté c’était au contraire l’étrange et le bizarre qui était rejeté. La société avait changé mais pour Jared elle était à sa convenance. Tout lui réussissait à mon fils! Il n’y avait rien qui ne puisse lui résister, ni les examens, ni les filles. Il était séduisant à 10 ans déjà. C’est à cet âge là qu’il commença à poser des questions. Il se demandait pourquoi nous ne sortions jamais, pourquoi nous n’avions pas de famille à voir, pourquoi ne n’allions pas de temps à autre dans un autre état, la Californie était si proche… Je m’escrimais à lui donner l’impression que tout cela était inutile à nous autres. Mais un enfant n’abandonne pas si rapidement ses questions.

Cette année là, Lana alla voir le médecin, elle se sentait faible. Elle était à nouveau enceinte cependant elle était bien trop âgé pour avoir un enfant. Je savais quelle nouvelle épreuve cela allait être. Elle voyait la mort en cet enfant, elle voulait qu’on l’ôte de son ventre. Elle ne montrait plus aucune retenue devant notre fils et j’eu peur qu’il ne comprenne la vérité. C’est pour cela que je l’ai envoyé dans un internat. J’étais sûr qu’ainsi il ne comprendrait pas que sa mère était folle. Il était furieux contre moi. Mais je m’en fichais tout ce qui importait c’est qu’il ne sache pas. Je m’occupais tant bien que mal de Lana. J’sais ce que pensent les gens de type comme moi, on l’a bien cherché si on est en prison, mais Lana ne méritait pas toutes ces épreuves et dans un sens c’est à cause de sa folie qu’on en ai arrivé là. Jared ne supportait pas d’être loin de sa mère et Lana ne se souvenait même plus de lui dans sa folie. C’était pathétique. J’en pleurais souvent le soir. Ouais, un homme ne pleure pas dit-on, hé bin c’est faux! Un homme, tout vrai homme qu’il soit, a besoin de pleurer lorsque son fils le déteste et que sa femme sombre peu à peu dans la folie. J’avais peur de voir son visage défiguré par la folie lorsque je rentrais le soir. Un soir j’entrais par la petite porte avec un bouquet de frénésia à la main. Je la trouvais allongé au sol. Ses cheveux noirs auréolant son visage d’ange. Mais son ventre, mon dieu, elle s’était donnée plusieurs coups de couteaux dans le ventre! J’appelais immédiatement les flics et les pompiers. On voulait me faire voir un psychiatre mais je refusais tout net, ce qui m’importait était de savoir si ma femme allait s’en sortir. Le médecin me dit qu’elle avait dû ressentir un déchirement qui était dû à une malformation du bébé qui lui déchirait la poche conçue pour recevoir le bébé, que l’enfant serait mort de toute façon. Elle est sortie rapidement du coma mais elle était choquée, inerte. Le médecin me disait qu’il fallait que je m’occupe d’elle que peut-être ça irait mieux. Ce que je fis. Puis un jour elle ouvrit grand ses yeux, leva son corps raide de n’avoir bougé durant des journées entières. Elle avait l’air d’un zombie. Elle avait d’immenses cernes sous les yeux. Elle tendait ses bras trop fins vers moi, elle pleurait et criait qu’on lui rende son bébé. Elle se jeta sur moi me griffant. Je la maîtrisais et finis par appeler les médecins. Cette fois-ci j’acceptais qu’ils l’enferment. J’aurais voulu pouvoir faire quelque chose mais tout avait été si vite et elle s’était montrée si dure avec moi. Comme si elle aussi savait que j’étais la seule personne qui aurait pu la sortir de la folie mais que je n’avais rien fait… Seule à l’hôpital pour fou, elle tenta à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours sans succès, il y avait toujours un médecin pour l’en empêcher. J’appelais Jared pour lui dire où était sa mère. Ce fut l’épreuve la plus difficile de toute ma vie. Jared m’a insulté pour au final me dire qu’il ne croyait pas que sa mère fut folle mais que j’eusse voulu me débarrasser d’elle.
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MessageSujet: Re: [R] Autobiographie d'un prisonnier   Mer 8 Juin 2005 - 20:35

6


Après ça j’ai voulu retrouver Dina. J’me disais qu’elle n’était pas morte et qu’elle devait se trouver seule quelque part. Je l’ai retrouvé à Los Angeles, sur le trottoir. Elle avait échoué dans sa carrière de comédienne. Elle était cependant encore très belle dans sa mini-jupe en faux cuir avec ses jambières. Elle avait un maquillage extrême sur les yeux. Elle croyait que j’étais un client. Je montais avec elle dans une chambre lugubre. On fit l’amour et pendant qu’elle me chevauchait je lui expliquais qui j’étais, que Lana avait pété littéralement les plombs et qu’à présent elle était dans un asile. Dina s’arrêta mais resta assise sur moi, elle se mit à rire et je la crû folle mais elle ne l’était pas, elle était juste désespérée. Elle tendit vers moi son bras dont on voyait les os tant elle ne mangeait pas à sa faim. Elle m’embrassa et me demanda de rester. J’acceptais, j’étais venu pour elle, uniquement pour elle. Je fus étonné qu’elle ne m’en veuille pas de l’avoir laissé là toutes ces années mais elle me raconta qu’au début ça avait marché puis elle avait tout perdu avec l’échec du film dont elle était la vedette. Pour ne pas perdre son logement elle avait dû tourner du X, finalement elle s’était retrouvée là maqué sans le vouloir. Elle paraissait folle de joie de me voir mais je crois qu’elle ne réalisait pas encore que j’allais la sortir de là. En fait je donnais tout l’argent que j’avais à son mac et je l’emmenais à San Francisco comme elle le voulait. Là bas, je pris un travail d’agent de sécurité dans un casino mais comme ça rapportait beaucoup je décidais de nous acheter une villa.

C’était une nuit normale, une nuit d’été chaude dans une ville voluptueuse. Je pouvais passer la nuit dans cette maison. Le promoteur m’en avait promis un beau prix si je l’achetais. J’étais persuadé qu’il y avait un truc qui clochait voilà pourquoi je dormais dans cette immense villa où les grandes baies vitrées donnaient sur la piscine gigantesque. C’était un paradis de luxe. Dina avait un galas, je lui avais trouvé ce petit galas pour lui donner une seconde chance. Elle ne risquait rien seule là bas. Je m’étais étendu dans le canapé en cuir blanc devant l’écran géant. J’étais bien là, les lumières tamisés. J’enclenchais la télé. Mais ce ne fut pas une chaîne qui apparut mais une vidéo. Je la laissais par curiosité. L’écran me montra Lana, dans sa robe de marié… Je coupais le magnétoscope et enclenchais les chaînes. Je vis alors un flash info qui concernait le Texas, je n’y croyais pas mes yeux, on aurait dit que tout les machins électriques déconnaient. Je vis alors une vidéo d’une évasion dans un asile. J’étais sûr que c’était celui où était Lana et quelque chose me disait qu’elle viendrait me chercher moi et puis après elle s’occuperait de Dina. Je me levais et fermais la télé. Je vis alors une lettre à moitié déchirée…
Ma chère sœur,

Je suis désolé de ce qui s’est passé avec ton mari, Lana. Je sais pas ce qui m’a pris. Je suis désolé. Je savais pas ce que je faisais. Tu sais j’ai beaucoup réfléchit et le mieux c’est que tu saches qu’il ne t’aime pas comme tu l’aime. Je sais à quel point tu lui es attaché mais cet idiot… il a couché avec moi sans aucune raison, juste comme ça. Et tous les jours il me suppliait, il voulait savoir avec qui je couchais, quels étaient mes autres relations si j’en ressentais du plaisir. J’ai jamais vu un mec aussi jaloux. J’ai peur pour toi. J’ai peur qu’il n’abuse de toi un soir où il rentrera bourrer. Je sais à quel point tu es sensible et je sais à présent quel genre d’homme il est. Il a tué son père, tu le sais ça? Non je parie qu’il ne te l’a pas dit. Il a trafiqué la bagnole de son père. Il était encore un gamin, il a ouvert le capot et a sectionné un fil. Son père a perdu le contrôle de la voiture et il est mort des suites de ses blessures. J’ignore pourquoi il a fait ça. Mais un gosse de 10ans qui est capable de ça donne un homme capable de tout! J’ai si peur pour toi. Je t’en prie…


C’était l’écriture de Dina. Je pleurais je crois. Durant tout ce temps, Dina m’avait cru coupable de cela? C’était impossible. Elle me croyait donc coupable du meurtre de mon père? Mon père n’était pas mort j’en étais absolument sûr. Je parcourais en long et en large le salon de la villa. J’étais sur les nerfs, un peu agacé. Je n’avais pourtant pas rêvé de sa douceur… Il est vrai qu’à l’époque où mon père avait disparu je me souvenais d’avoir passé une nuit blanche mais c’est parce que j’avais entendu mon père se disputé avec ma mère c’est tout. Malgré la peur que j’avais ressenti enfant pour ma mère je n’aurais jamais fait ça. Non, jamais. Et puis j’entendis un bruit de pas. Comme si une femme avec des chaussures à talons arrivait. Un parfum, celui de Lana. Je l’aurais reconnu entre milles. Et cette voix...
« Tu croyais t’en tirer comme ça? Je n’ai pas lu cette lettre, tu le sais puisque tu l’as déchiré. Tu l’as tué, n’est-ce pas?
-De qui parles-tu.
J’avais la voix pâteuse. On aurait dit que ça n’était pas moi qui parlais. Je ne savais plus où j’étais. Je ne comprenais pas. Pourquoi se risquait-elle à venir ici, toute la police la recherchait et c’est… non effectivement qui irait la chercher ici. Je n’avais dit à personne mis à part Dina que j’étais là. Qui d’autres savait? Dina avait-t-elle dit à sa sœur? C’était immonde. Dina m’avait trahit, moi qui ne lui voulais que du bien!
-Allons, son corps a été retrouvé dans une bouche d’égout à moitié démembrée. La police a conclu à un meurtre de malade mental. Mens pas, je sais que c’est toi. C’est toi depuis le début. Elle savait tout sur toi, c’est pour ça que tu l’as tué. Elle avait découvert ton vrai visage et ça tu ne pouvais pas le supporter.
Non c’était faux. Je me rappelais avoir été à LA? Oui peut-être la nuit même après que Lana m’est cajolé, je m’étais glissé derrière le volant. Mais c’était juste pour rouler pas pour chercher Dina. Je n’en avais pas eu le courage. Je suis un lâche, pas un meurtrier! Je n’avais pas tué Dina tout comme mon père s’était enfui, vivant, Dina était à ce fichu galas, en train de s’amuser.
-Je sais ce que tu fais. Tu essaye de me faire croire que Dina est encore en vie. J’ai reçut ta lettre. (Elle se mit à imiter ma voix) Ma chère sœur, je suis à San Francisco. N’en veut pas à ton mari, il m’a aidé. Il m’a sorti de cet endroit sale où je m’étais fourré. Je sais que je te manque et je sais aussi où tu es. Je suis désolé que tu en sois arrivé là. Tu n’aurais pas dû essayer de te tuer, ni même de m’en vouloir. Ca n’était pas de ma faute. C’est toi qui m’as poussé dans les bras de ton mari, ne l’oubli pas… Comment as-tu pu croire que je penserais vraiment que c’était ma sœur? Salaud!
-Arrête Lana, fis-je effrayer.
-C’est toi qui m’as rendu folle, c’est toi qui m’as donné cette pilule pour que le premier bébé meure dans mon ventre, tu m’as fait croire ensuite que le bébé était vivant, j’ai trouvé les cassettes avec ces hurlements de bébé, tu savais que ça rendrait folle n’importe quelle mère qui avait perdu son enfant! C’est toi qui m’as remis dans les bras le bébé des voisins en disant que c’était le nôtre. Tu n’as eu qu’une idée c’est me rendre folle afin de récupérer l’argent de ma famille. Lorsqu’on a eu Jared tu as continué en douce, dans son dos à lui! Et le pire c’est lorsque tu m’as donné ces hallucinogènes pour que je me poignarde. Tu sais, ce couteau de cuisine posé juste devant moi, la télé retransmettant une émission que tu avais toi-même programmé sur les bébés morts à la naissance. Tu avais tout programmé n’est-ce pas? Mais je ne pouvais pas, tu le savais, je ne pouvais pas tuer mon bébé alors tu m’as aidé. Tu leur as fait croire que j’avais fait ça toute seule. Quel genre de père es-tu?
-Menteuse!
Elle ne pouvait pas avoir raison. J’avais fermé les yeux et des larmes s’échappait de mes yeux. Je ne voulais pas y croire. C’était tout simplement impossible. Je ne pouvais pas un seul instant y croire. J’ouvrais les yeux. Elle n’était pas là. Il n’y avait que le noir que je fixais obstinément. Je réalisais que je tremblais. Oui, je mourrais de peur. Je savais que c’était elle même si elle n’était pas là. J’avais besoin de boire de l’eau froide ou non plutôt de m’en verser un seau complet sur la tête. Mais il y avait bien son parfum. C’est étrange. J’étais glacé par la peur, ma sueur froide m’envahissait brisant toutes mes barrières de sécurité. Je ne pouvais plus bouger et le pire était mon ignorance totale, je ne savais pas pourquoi j’avais peur. Ce parfum n’était pas spécial, il était vendu un peu partout pourquoi aussitôt avais-je pensé que c’était le sien, à elle particulièrement? Pourquoi lorsque j’avais vu les infos en avais-je déduit immédiatement que c’était elle qui s’était échappé? C’était ridicule! J’aurais voulu me dégager ces idées de la tête. Et puis cette ombre…

Je vis alors une robe blanche apparaître, avant même de voir le visage de la personne je reconnus Lana, c’était la femme que j’avais épousé dans sa robe blanche…Et maintenant lorsque j’y repense je reste persuadé que c’était elle, qu’elle savait tout qu’elle était venue pour moi. J’ignorais pourquoi elle avait dit tout ça. Je n’avais rien fait de tout ce qu’elle disait. Non! Je ne sais pourquoi j’avais soudain saisit un couteau de ma main droite. Je le serrais de toutes mes forces comme pour m’y raccrocher. Je ne me contrôlais plus, c’était la peur qui m’a poussé à planter ce couteau dans le beau corsage blanc de la robe de Lana. La première chose que j’ai vu c’est le sang rouge s’étaler sur le blanc. J’avais envie de l’essuyer et puis la robe est tombée. Le couteau l’avait transpercé, derrière elle, se tenait Jared qui me fixait avec une colère sourde et dangereuse. Je réalisai soudain que le couteau était planté dans sa poitrine. Et je vis alors ce gentil visage, cet expression de douceur, de gentillesse, de tendresse. C’était vraiment mon fils que j’avais sous les yeux, que je venais de tuer, mon enfant, la plus belle réussite de ma vie venait de s’achever. C’était impossible je ne l’acceptais pas! Je dus le soutenir, il allait tomber. Il faiblissait.
« Non, Jared! Ne me quitte pas!
-Mais papa, c’est toi qui veux que je parte!
Il saisit le couteau de sa main droite sans pourvoir l’enlever. Je le fis pour lui. Je le couchais sur le canapé. Je le regardais avec amour mais je savais qu’il m’échappait. Je crois que j’ai crié à un moment et puis je me suis retrouver le serrant dans mes bras. Il est mort dans mes bras. Je l’ai pleuré oh oui. Le pire dans tout ça c’est que moi j’ai eu ce que je mérite j’crois mais lui, il n’a pas de chance mon aimé. Il voulait me punir, j’ai su qu’après, cette nuit là Lana était morte, celle qui s’était échappé l’avait tué. Je… Il était mort.

J’crois bien que ma place est ici et que ma haine envers le monde entier est excessive mais je peux pas m’en prendre à quelqu’un d’autre. Toutes les personnes que j’ai pu aimer sont morte à présent. Tout le monde me quitte comme si j’étais un monstre. Même mon coloc me quitte, il sort plus tôt. Mais j’en veux à personne sinon moi-même. Je suis un meurtrier, un égoïste. Je m’en veux d’avoir laisser mon moi démoniaque prendre le dessus tout comme je m’en veux de ne pas avoir été assez fort pour y mettre fin. V’la mon histoire est finie. Ouais elle n’était pas drôle, et même triste. Mais f’o pas pleurer, pas pour le méchant que je suis devenu, nan, pour celui que j’étais avant tout ce qui s’est passé et qui a disparu pour laisser place à mon double diabolique.

Fin
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