Ankh L'Immortel

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 Une vie de Narcotrafiquant

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Nom du personnage: Alexandre Stone // Anatole
Caste: Sang bleu

MessageSujet: Une vie de Narcotrafiquant   Jeu 27 Nov 2014 - 13:24

Terre dure. Terre de sang. Altis, île de malheurs, de terreur et d'argent. L'implantation du narcotrafic dans cette zone instable n'a rien d'un hasard. Quand un état ne peut plus subvenir aux besoins économique de sa communauté, l'argent s'obtient par la violence.Lorsque la violence permet d'obtenir ce qui ne peut être obtenu par rien d'autres alors le système a failli et le nombre de morts augmente. Je suis né sur cette terre, entre ruine et opulence, où la richesse consiste en de belles villas, de belles voitures et toujours plus d'armes pour attaquer ou se défendre. La richesse pour la richesse, celle qui est étalée aux quatre vents en matériel plutôt qu'en confort et nourriture. L'argent pour construire un bastion plutôt que vivre une vraie vie. Un serpent qui se mord la queue et manque à chaque seconde de s'étouffer.

Mon enfance a consisté à recevoir des tartes dans la gueule et des coups de ceinturons. Pas étonnant qu'ensuite tu traines dans la rue. A la maison, rien à faire, un stress constant pour la sécurité. Une mère veule et soumise, un père autoritaire mais sans véritables couilles dès qu'il franchissait le pas de la porte. Pas envie de rentrer, le seul moyen de s'occuper dans un village sur Altis c'est de trainer dehors à chercher une connerie à faire. Plusieurs fois, je suis passé près de la mort, des balles peuvent fuser n'importe quand surtout dans les routes désertes et dans les petites villes. Une attaque d'une famille de narcotrafiquant contre une autre, une simple querelle de village, même si une certaine régulation est faite par les patriarches. J'ai vécu dans un de ces villages pouilleux où étaler un mec par terre est plus utile qu'apprendre ces leçons à l'école. Vous êtes un bagarreur, une gueule cassée, un bon gars qu'a mal tourné ou un mec qui va s'en sortir, un mec qu'à des couilles, selon les points de vue. On en vient vite, sournoisement, à être approché, à diriger ou à suivre une petite bande de voyous puis à rentrer dans une famille mafieuse par un cousin, un oncle, un frère. Moi c'est par l'intermédiaire de mon pote Rodriguo, son frère faisait partie du gang Gualupe. De petites combines en accompagnement de chargement, tu fais ta place dans le transport de cocaïne ou d'une autre drogue en partance pour les grands ports. Terre dure. Terre de drogue.

Petit à petit, on glisse, d'abord une arme à votre poing, pour rigoler, sans conséquence, puis vous finissez par tuer quelqu'un. Tout le monde vous dit que c'était un pauvre mec, qu'il l'avait bien mérité, un ennemi de la famille, du gang. Au début, ça peut secouer. Mais des morts, on en voit depuis notre enfance, l'île scélérate ne nous épargne rien. On devient indifférent, même quand on tue, on se le justifie : c'était pour le gang, pour subvenir aux besoins de notre famille, parce qu'ils allaient nous tuer. Tout cela devient normal, l'horreur n'a plus de nom, le mot n'existe plus, on s'essuie juste les mains et le visage pour en dégager le sang comme si on avait tué une mouche qui nous aurait taquiné. Des coups, on en fait. Se soumettre, grimper ou mourir. Le choix est difficile, en bas, on trime, on exploite. En haut, les chiens de guerre se hument et attendent le bon moment pour se sauter à la gorge. Souvent, on meurt bêtement, même pas dans une fusillade, mais dans un accident de voiture, en essayant d'échapper à la police ou à un autre gang, ou juste pour avoir mal regardé la mauvaise personne. Les trop ambitieux comme moi, on les musèle puis s'ils menacent une position supérieur, on les neutralise, définitivement. Il faut avoir les bons appuis et beaucoup de chance. Terre dure. Terre au goût de fer.

Je les entends qui approchent, bourdonnant comme des abeilles à mon oreille. Pas de révolution mon frère, non, juste l'argent et le pouvoir. Ramper avec les honnêtes gens pour ramasser des fruits ou encore se crever le cul dans une mine pour quelques euros, ou alors, prendre ce qui ne t'appartient pas. Une fois de plus, tenter le coup, ne pas s'arrêter en chemin. Tenter le coup qui tu le pense, te permettra de tout quitter. Quitter cette vie de merde de laquelle tu sais qu'on ne te laissera jamais partir, tu en sais trop, toujours trop. Noir. Le brouillard devant les yeux. Le sable qui crisse entre les dents. Le tissu qui colle au sang séché. Un gout de terre. La lumière vive brule d'un coup les yeux lorsqu'on enlève le sac comme on a pu déjà le faire sauf que, cette fois là, on était de l'autre coté. Une détonation sourde se fait entendre qui se répercute en écho jusqu'au fond du crâne. Puis le silence. Un silence sans fin qui roule sur une terre dure, une terre gorgée de sang.
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