Ankh L'Immortel

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 Légèreté

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Umi
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MessageSujet: Légèreté   Ven 4 Juin 2010 - 20:02

Chapitre un : Sueurs froides


Des cheveux ailes de corbeaux coupés courts presque rasés, un nez aquilin avec une petite bosse sur le dessus, des lèvres charnues, des grands yeux ambrés en forme de larme et des oreilles petites aux pavillons légèrement pointus s'affichaient comme une vision intrigante. Je portais un regard anxieux sur le miroir de la petite salle de bain. Je posais ma main sur ma bouche, l'ongle coincé contre une de mes dents. Le bruit de fond sourd de la pluie frappant aux carreaux m'interpellait.

Je jetais un regard vers la vitre seulement éclairée par un vieux néon frontal au dessus du lavabo. La vue se résumait à un mur froid en vis-à-vis. J'ouvris la fenêtre, laissant couler les pleurs du ciel sur mon visage et détremper mes cheveux tandis que j'observais en bas ce qu'il y avait. Ce n'était pas grand chose en somme, une poubelle sortie, de la pierre délavée et un chat gris cendré qui miaulait tout en tachant de s'abriter. La nuit n'en révélait pas plus.

Je refermais la fenêtre et mis mon blouson. Un beau blouson de cuir que j'avais acheté rue de Cusset, un jour disparu depuis longtemps de ma mémoire. Le jean noir qui y était associé ne dénotait pas et je m'y sentais à l'aise. Je pris mon jeu de clé, mon portefeuille en cuir et le paquet de clope, des camels, qui trainaient sur la table basse. Je savais que je n'aurais pas du m'encombrer du paquet mais je portais une cigarette à ma bouche avec indifférence et l'allumai avec le briquet que je laissais tout le temps dans la petite boite.

Je refermais la porte puis hochai la tête à la vieille Suzy qui devait sans doute passer sa vie derrière son œilleton car elle sortait toujours quand je partais.

- Vous allez bien ?

Elle sourit. Suzy avait dans les 70 balais et bien que tout l'immeuble l'évoquait en termes désagréables, elle ne m'avait jamais posé un quelconque problème. Des cheveux cendrés, elle arborait toujours des tenues soignées. Elle était coquette mais nous faisions rarement la discussion au-delà de quelques mots de politesse et, plus souvent encore, d'un salut amical.

- Je vais faire un tour, je reviendrais demain.

C'était une sorte de phrase rituelle, car elle n'y répondait jamais et je n'avais aucune idée si elle y attachait la moindre importance. J'avais toujours été respectueux des femmes mûres voir des très vieilles femmes qui me rappelait ma grand mère paternel. Je descendais les escaliers aux murs décrépis, je m'étais souvent fais la réflexion que j'y passerais un coup de pinceau à l'occasion.

Après avoir refermé la lourde porte en orme qui menait sur la rue, je tirai sur la cigarette qui rougeoyait. La fumée m'apaisait mais il eut fallu que j'arrête. Je m'en fis la promesse pour mes 27 ans qui arriverait dans quelques mois, me laissant une marge de manœuvre que je savais ne m'être pas profitable car je reporterais surement le jour J. La pluie me percutait faiblement le sommet du crâne et avec elle tout mes souvenirs. Mes lourdes mains s'enfoncèrent au fond de mes poches mais je ne baissais pas la tête comme les gens le font pour échapper à la pluie.

Je traversai la ruelle en pierre ancienne de la vieille ville. La plupart des gens étaient réfugiés dans les cafés alentour. Seules quelques jeunes filles sous un parapluie passèrent à coté de moi. Je les dépassai d'une tête avec mon mètre 83. Elles ne me prêtèrent que peu d'attention tant elles semblaient excitées par les histoires de l'une d'elle.

- ... m'a soulevé, c'était un truc... jeté...

Les mots s'éloignèrent indistincts. Je jetais un œil vers les quelques fenêtres allumées de la rue où je me trouvai. La nuit donnait quelque chose d'étrange à toute chose mais peut-être étais ce moi le plus étrange. Mon cœur vibra comme pour me rappeler à l'ordre. Mon esprit manqua s'égarer dans des instants cuisants mais je les balayais en pensant à ce vers quoi je me dirigeais.


Dernière édition par Umi le Ven 4 Juin 2010 - 20:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Légèreté   Ven 4 Juin 2010 - 20:05

Chapitre 2 : Le sens du monde

Je jetais le mégot sur le sol devant le garage avant de l'écraser sous mon talon. Une grande porte en fer me barrait le passage et j'y toquai. Le bruit métallique se répercuta à l'intérieur avant qu'on ne vienne m'ouvrir. Sam, la quarantaine, cheveux épars et grisonnants, son nez relevait plus de la patate que de la trompette, l'arrondi collait toutefois parfaitement avec son ventre bedonnant.

- Salut, Joe.

Son timbre de voix était un peu nasillard. Je hochai la tête pour le saluer.

- Salut. C'est calme ce soir.

Sam referma derrière moi et haussa les épaules.

- Pas tant que tu crois, y a eu pire, y a eu mieux.

Sam était le roi des phrases sans fond. Il excellait dans le domaine de l'évidence, depuis notre première rencontre, j'avais toujours pensé qu'il aurait dû tenir un bar pour débiter des lieux communs au client comme "il fait beau aujourd'hui" ou "les politiciens tous des menteurs". Je regardais à peine alentour, rien n'avait changé, toujours les trois même bagnoles, le ciment, les murs gris et je n'allais pas m'amuser à compter le nombre de toiles d'araignées, ni si un des outils des établis avaient servis.

Le bonhomme me dépassa et je lui emboitai le pas. Je fus mené jusqu'au fond du garage, dans le bureau du vieux. Le vieux, c'était Bolko, enfin il disait s'appeler comme ça mais je doute qu'une mère est jamais été assez stupide pour donner ce nom à quelqu'un. Il y avait toujours dans son salon, sa saloperie de tapis persan ou je ne sais quoi qui prenait la poussière. Je doutais aussi jamais voir un livre de la bibliothèque à droite bouger de son emplacement. Le bureau était parsemé d'un fatras de papier mais je pensais que c'était pour se donner un genre que le vieux en étalait.

Je l'imaginais bien, préparer ses rendez vous, en sortant des papiers et en les balançant en vrac sur la table avec le sourire d'un enfant. Pour ma part, je ne souriais pas, c'est pas ce qu'on me demandait et d'ailleurs cela aurait même sérieusement pût nuire à mon image. Sam referma la porte du bureau et je restais planté là à regarder ce que le vieux allait encore pouvoir inventer. Il déplaça un de ces petits tas de papiers fébrilement. Le vieux avait une voix ... de vieux, grave mais chevrotante, c'était la troisième fois que je le voyais.

- Jonathan. Il faut qu'on parle sérieusement.

Bolko, d'après mon expérience restreinte, aimait toujours parler sérieusement parce que de toutes façons il ne savait rien faire d'autre. Je restai en silence à le regarder, il avait trimer toute sa vie pour en finir là, dans ce petit réduit pourri. Il y avait de quoi avoir la haine. C'était un genre d'intermédiaire, qui trempait dans des petites magouilles, la plupart du temps, sans envergure. Si j'étais arrivé là, c'est que c'était la seule piste que j'avais, la seule porte d'entrée qui me permettrait de comprendre un certain nombre des saloperies qui arrivaient chaque jour. J'ingurgitai en attendant mon lot de merde, parce que cela me permettrais surement de parvenir à mes fins pour purger le mal de l'intérieur, le leur et le mien.
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