Ankh L'Immortel

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 La perfidie

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Personnage et récompenses
Nom du personnage: Alexandre Stone // Anatole
Caste: Sang bleu

MessageSujet: La perfidie   Dim 4 Oct 2009 - 8:55

Le soupir qui gèle, mes lèvres gercées qui cherchent à tâtons la cigarette que je leur tends. Le regard vaquant sur la rue déserte, son ossature lugubre, terne comme le visage de celles qu'on ne peut plus aimer.

Un homme d'age mitoyen imbibé jusqu'à la moelle, comment peut on en arriver là ? Il trébuche dans une bouteille vide dans le caniveau et s'approche de moi lançant son haleine fétide à mon visage.

Des mots sans véritable sens me parviennent aux oreilles. Je le cajole d'un sourire et lui offre une cigarette. Il sait encore dire merci dans son patois d'alcoolique et va traîner plus loin.

Dans les contes, y a toujours à ce moment précis, une fille langoureuse qui s'avance, mais là on est pas dans les contes, on est dans la vrai vie. La vie qui fait mal, qui souris sarcastique à nos mésaventures.

Mon dos vient s’affaler négligemment contre la paroi du mur nu, de ces pierres anciennes dont on ne sait plus faire l’usage de nos jours pour embellir la ville.

La fumée s’échappe de ma gorge entre cigarette et fraîcheur de la tombée de la nuit. Je m’arroge le droit alors de la laisser tomber d’une main dilettante, l’écrasant fermement sous ma semelle humide.

Il sort de chez lui, toujours accompagné de ces deux poupées, comme ils les appellent. Le pire c’est qu’elles ont l’air d’aimer ça. Je reste une dizaine de mètres derrière lui, mon complet veston noir ne dénotant guère dans l’atmosphère du soir contrairement à son chapeau ocre et son habit d’apparat blanc.

J’observe ce fils de pute joué avec les lèvres d’une de ses copines tout en triturant les fesses de l’autre. Cette pourriture qui distribue sa saleté dans tout le quartier, ce soir combien d’entre eux vont encore vendre père et mère pour se faire leurs piqûres.

Il s’engouffre enfin dans son havre, « La havane », aucun d’entre eux ne sait donc être original. Je lui fais suite tandis qu’il s’installe dans son quartier VIP, ceux des Very Insensible Pourris. Je le regarde jouer de son sourire bright refait avec le pognon de la princesse.

Je commande un porto pour faire bonne figure, souris à une jeune fille qui semble m’observer à l’autre bout du comptoir, tout en regardant du coin de l’œil le pacha se prélasser.

Il semble qu’elle ait pris ça pour une invitation et s’approche de moi avec son verre, du champagne ou je ne sais quoi, à vrai dire je m’en tape mais elle fait une bonne couverture. J’échange les palabres d’usages et les vannes qui ne font rire que celles qui croient encore pouvoir s’échapper de leur quotidien miteux.

Le moment que j’attendais fini par venir, tandis qu’il s’échappe d’entre les bras des 2 nanas qui font des simagrées en essayant de le cajoler comme si leur portefeuille allait s’envoler. Direction les toilettes, je m’excuse de quelques mots et d’un clin d’œil. Quand j’entre dans les chiottes ça fait bizarre de voir cette enflure dans son futal blanc pisser contre la pissotière de la même couleur, ça fait tâche dans le thème de la soirée.

Je me mets à coté de lui, lui adressant un sourire hypocrite qu’il doit voir s’afficher sur toutes les têtes de larbins qui le croisent.

-Alors on s’amuse dans ces soirées non ?

Le voila qui me parle, comme si on était des frères, ça se voit qu’il a déjà le taux d’alcoolémie au beau fixe. Ce bâtard qui a fait de la ville un enfer, qui est responsable à sa façon d’un génocide bien plus inhumain que la plupart des dictateurs. Ce gars là tout fier me parle comme si on avait participé à une tournante dans la cave de son immeuble.

Il ne semble pas affecté par mon manque de conversation et continue quelques tirades de sournois dont il sait si bien faire l’usage.

- Aha, j’en ai un peu, ça te dirai de nous rejoindre moi et mes copines, hein ?

Il frétille comme si la saloperie qu’il va se foutre dans les naseaux va faire de lui une bête au pieu et que, grand prince, il m’inviterai à la fête pour pimenter sa soirée. Sa main, qui quelques temps auparavant tenait encore son manche, se pose sur mon épaule. Je ne suis plus à ça près.

Mon couteau sortit de ma poche vient s’enfoncer juste sous son nombril, ses yeux marquent l’étonnement, tandis que je plaque mon autre main sur sa bouche pour l’empêcher de crier. Je remonte doucement le couteau dans sa panse moite.

Je n’ai même pas envie de perdre mon temps à lui expliquer pendant qu’il clamse en bouffant son propre sang, j’en ai plein ma manche. Je le tiens dans mes bras jusqu'à ce que ces convulsions s’arrêtent, puis plie les genoux pour le laisser glisser sur le sol. Je récupère la dope dans sa poche intérieur et la lui fous dans la bouche.

Je rengaine le couteau dans ma poche avec ma main puis sors nonchalamment. Je regarde les deux pouffes en train de boire leur verres en faisant les folles. Puis donne un grand sourire à mon hôtesse intriguée et stupéfaite puis sors de « La havane ».

Une pourriture de perdu, dix de retrouvés, le sang sur ma main droite sèche doucement dans ma poche. Je m’éloigne en regardant le ciel tandis que le froid se plaque contre ma peau, comme la mort sur la ville.
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