Ankh L'Immortel

Vampires : Fictions et fanfictions...
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 POEMES D'AUTEURS CONNUS...

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ankh
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MessageSujet: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Ven 9 Juil 2004 - 21:56

Un poème envoyé par .SourisNoire ...
Libertine

Il faisait si froid et humide
dans ce désert sacré
des sons plus que morbides
Tendaient de m'envoûter

Et que j'ai vu cette ombre qu'au loin sur la colline
Dont les contours dessinés par les rayons de lune
Déconçait cette femme aux cicatrices brunes
Que m'étaient à vif, chaque jour, sa belle robe d'épines

Comment aurais-je pu fuir
Du maudit labyrinthe ?
J'étais prête à mourrir
Lorsqu'elle tendit l'absynthe

Elle dansait telle une folle, invoquait Lucifer
Ôtait de ses entrailles l'enfant sacrificiel
Buvait le sang, déversée par le ciel
Mangeait le coeur au rymthe d'une mortelle prière

J'aurai voulu crier
Partir de ce cauchemar
Mais elle me fascinait
C'était déjà trop tard

Sa danse macabre et son mortel festin
Continuait sans cesse, orgie de chair et buffet de sang
Déjà elle s'avançait, souriante, m'invitant
J'avais si faim d'elle, morte catin

Quel plaisir de laisser le liquide couler
Dans ma gorge innocente
Quelle extase enfin d'embrasser
Ce qui fut si épouvante...

De Sélène LeComte

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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Mer 28 Juil 2004 - 22:08

Court extrait des "Femmes Savantes" pour Aleera :
" Ce monsieur Trissotin me chagrine ... M'assomme
Et j'enrage de voir qu'elle estime un tel homme ... "
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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Jeu 29 Juil 2004 - 14:02

Car JE est un autre. Si le cuivre s'éveille clairon, il n'y a rien de sa faute. Cela m'est évident . J'assiste à l'éclosion de ma pensée : je la regarde, je l'écoute : je lance un coup d'archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d'un bond sur la scène.
Si les vieux imbéciles n'avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n'aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s'en clamant les auteurs !
En Grèce, ai-je dit, vers et lyres, rythment l'Action. Après, musique et rimes sont jeux, délassements. L'étude de ce passé charme les curieux : plusieurs s'éjouissent à renouveler ces antiquités : -c'est pour eux. L'intelligence universelle a toujours jeté ses idées naturellement ; les hommes ramassaient une partie de ces fruits du cerveau ; on agissait par, on en écrivait des livres : telle allait la marche, l'homme ne se travaillant pas, n'étant pas encore éveillé, ou pas encore dans la plénitude du grand songe. Des fonctionnaires, des écrivains. Auteur, créateur, poète, cet homme n'a jamais existé !
La première étude de l'homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière. Il cherche son âme, il l'inspecte, il la tente, l'apprend. Dès qu'il la sait, il la doit cultiver : cela semble simple : en tout cerveau s'accomplit un développement naturel ; tant d'égoïstes se proclament auteurs ; il en est bien d'autres qui s'attribuent leur progrès intellectuel ! - Mais il s'agit de faire l'âme monstrueuse : à l'instar des comprachicos, quoi ! Imaginez un homme s'implantant et se cultivant des verrues sur le visage.
Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant.
Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, - et le suprême Savant ! - Car il arrive à l'inconnu ! - Puisqu'il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu'aucun ! Il arrive à l'inconnu ; et quand, affolé, il finirait par perdre l'intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu'il crêve dans son bondissement par les choses inouïes et innommables : viendront d'autres horribles travailleurs; ils commenceront par les horizons où l'autre s'est affaissé!

Donc le poète est vraiment voleur de feu.
Il est chargé de l'humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions. Si ce qu'il rapporte de là-bas a forme, il donne forme ; si c'est informe, il donne de l'informe. Trouver une langue ;
- Du reste, toute parole étant idée, le temps d'un langage universel viendra ! Il faut être académicien, plus mort qu'un fossile, - pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l'alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie ! -
Cette langue sera de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d'inconnu s'éveillant en son temps, dans l'âme universelle : il donnerait plus que la formule de sa pensée, que l'annotation de sa marche au Progrès ! Énormité devenant norme absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !
Cet avenir sera matérialiste, vous le voyez. -Toujours pleins du Nombre et de l'Harmonie, les poèmes seront faits pour rester. -Au fond, ce serait encore un peu la Poésie grecque.
L'art éternel aurait ses fonctions, comme les poètes sont citoyens. La poésie ne rythmera plus l'action ; elle sera en avant.
Ces poètes seront ! Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l'homme -jusqu'ici abominable, - lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l'inconnu ! Ses mondes d'idées différeront-ils des nôtres ? - Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les comprendrons.
En attendant, demandons aux poètes du nouveau, - idées et formes. Tous les habiles croiraient bientôt avoir satisfait à cette demande : -ce n'est pas cela !
Les premiers romantiques ont été voyants sans trop bien s'en rendre compte: la culture de leurs âmes s'est commencée aux accidents: locomotives abandonnées, mais brûlantes, que prennent quelque temps les rails. -Lamartine est quelquefois voyant, mais étranglé par la forme vieille. - Hugo, trop cabochard, a bien du VU dans les derniers volumes : Les Misérables sont un vrai poème. J'ai Les Châtiments sous main : Stella donne à peu près la mesure de la vue de Hugo. Trop de Belmontet et de Lamennais, de Jehovahs et de colonnes, vieilles énormités crevées.
Musset est quatorze fois exécrable pour nous, générations douloureuses et prises de visions, - que sa paresse d'ange a insultées ! Ô ! les contes et les proverbes fadasses ! ô les Nuits ! ô Rolla ! ô Namouna ! ô la Coupe! tout est français, c'est-à-dire haïssable au suprême degré; français, pas parisien ! Encore une œuvre de cet odieux génie qui a inspiré Rabelais, Voltaire, Jean La Fontaine, commenté par M. Taine ! Printanier, l'esprit de Musset ! Charmant, son amour ! En voilà, de la peinture à l'émail, de la poésie solide ! On savourera longtemps la poésie française, mais en France. Tout garçon épicier est en mesure de débobiner une apostrophe Rollaque; tout séminariste emporte les cinq cents rimes dans le secret d'un carnet. A quinze ans, ces élans de passion mettent les jeunes en rut ; à seize ans, ils se contentent déjà de les réciter avec cœur; à dix-huit ans, à dix-sept même, tout collégien qui a le moyen fait le Rolla, écrit un Rolla ! Quelques-uns en meurent peut-être encore. Musset n'a rien su faire. Il y avait des visions derrière la gaze des rideaux : il a fermé les yeux. Français, panadis, traîné de l'estaminet au pupitre du collège, le beau mort est mort, et, désormais, ne nous donnons même plus la peine de le réveiller par nos abominations !
Les seconds romantiques sont très voyants : Théophile Gautier, Leconte de Lisle, Théodore de Banville. Mais inspecter l'invisible et entendre l'inouï étant autre chose que reprendre l'esprit des choses mortes, Baudelaire est le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu. Encore a-t-il vécu dans un milieu trop artiste ; et la forme si vantée en lui est mesquine. Les inventions d'inconnu réclament des formes nouvelles.
Rompus aux formes vieilles : parmi les innocents, A. Renaud, - a fait son Rolla, - L. Grandet, - a fait son Rolla ; - les gaulois et les Musset, G. Lafenestre, Coran, C. L. Popelin, Soulary, L. Salles. Les écoliers, Marc, Aicard, Theuriet ; les morts et les imbéciles, Autran, Barbier, L. Pichat, Lemoyne, les Deschamps, les Des Essarts ; les journalistes, L. Cladel, Robert Luzarches, X. de Ricard ; les fantaisistes, C. Mendès ; les bohèmes ; les femmes ; les talents, Léon Dierx et Sully-Prudhomme, Coppée; -la nouvelle école, dite parnassienne, a deux voyants, Albert Mérat et Paul Verlaine, un vrai poète. Voilà. Ainsi je travaille à me rendre voyant. Et finissons par un chant pieux.


arthur rimbaud

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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Dim 1 Aoû 2004 - 23:51

C'était tremblant, c'était troublant,
C'était vêtu d'un drap tout blanc,
Ça présentait tous les symptômes,
Tous les dehors de la vision,
Les faux airs de l'apparition,
En un mot, c'était un fantôme !

A sa manière d'avancer,
A sa façon de balancer
Les hanches quelque peu convexes,
Je compris que j'avais affaire
A quelqu'un du genr' que j'prefère :
A un fantôme du beau sexe.

" Je suis un p'tit poucet perdu,
Me dit-ell', d'un' voix morfondue,
Un pauvre fantôme en déroute.
Plus de trace des feux follets,
Plus de trace des osselets
Dont j'avais jalonné ma route ! "

" Des poèt's sans inspiration
Auront pris -- quelle aberration ! --
Mes feux follets pour des étoiles.
De pauvres chiens de commissaire
Auront croqué -- quelle misère ! --
Mes oss'lets bien garnis de moelle. "

" A l'heure où le coq chantera,
J'aurai bonn' mine avec mon drap
Hein de faux plis et de coutures !
Et dans ce siècle profane où
Les gens ne croient plus guère à nous,
On va crier à l'imposture. "

Moi, qu'un chat perdu fait pleurer,
Pensez si j'eus le cœur serré
Devant l'embarras du fantôme.
" Venez, dis-je en prenant sa main,
Que je vous montre le chemin,
Que je vous reconduise at home "

L'histoire finirait ici,
Mais la brise, et je l'en r'mercie,
Troussa le drap d'ma cavalière...
Dame, il manquait quelques oss'lets,
Mais le reste, loin d'être laid,
Etait d'un' grâce singulière.

Mon Cupidon, qui avait la
Flèche facile en ce temps-là,
Fit mouche et, le feu sur les tempes,
Je conviai, sournoisement,
La belle à venir un moment
Voir mes icônes, mes estampes...

" Mon cher, dit-ell', vous êtes fou !
J'ai deux mille ans de plus que vous... "
-- Le temps, madam', que nous importe ! --
Mettant le fantôm' sous mon bras,
Bien enveloppé dans son drap,
Vers mes pénates je l'emporte !

Eh bien, messieurs, qu'on se le dis':
Ces belles dames de jadis
Sont de satanées polissonnes,
Plus expertes dans le déduit
Que certain's dames d'aujourd'hui,
Et je ne veux nommer personne !

Au p'tit jour on m'a réveillé,
On secouait mon oreiller
Avec un' fougu' plein' de promesses.
Mais, foin des dédic's de Capoue !
C'était mon père criant : " Debout !
Vains dieux, tu vas manquer la messe .

G.BRASSENS
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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Mer 29 Sep 2004 - 0:42

poeme verlainien!!!

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleure sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui penettre mon coeur?
O, bruit doux de la pluie,
Par terre et sur les toits!
Pour un coeur qui s'ennuie
O, le chant de la pluie!
Il pleure sans raison,
Dans ce coeur qui s'écoeure
Quoi! nulle trahison?
Ce deuil est sans raison!
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine!!!

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le temps qui passe donne la mesure du temps qui reste à vivre
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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Mer 27 Oct 2004 - 22:09

Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse ?
Ange plein de gaieté, connaisse-vous l'angoisse ?


Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine ?
Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?

Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,
Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard,
Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ?
Ange plein de santé, connaissez-vous les fièvres ?

Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
De lire la secrète horreur du dévouement
Dans les yeux où longtemps burent nos yeux avides ?
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ?

Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
David mourant aurait demandé la santé
Aux émanations de ton corps enchanté ;
Mais de toi je n'implore, ange, que tes prières,
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières !

Les fleurs du mal, "Réversibilité", C.Baudelaire

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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Sam 6 Nov 2004 - 16:17

Dans les caveaux d'insondable tristesse
Où le Destin m'a déjà relégué;
Où jamais n'entre un rayon rose et gai;
Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse,

Je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur
Condamne à peindre,hélas!sur les ténèbres;
Où,cuisinier aux appétits funèbres,
Je fais bouillir et je mange mon coeur,

Par instants brille,et s'allonge,et s'étale
Un spectre fait de grâce et de splendeur.
A sa rêveuse allure orientale,

Quand il atteint sa totale grandeur,
Je reconnait ma belle visiteuse:
C'est Elle! Noire et pourtant lumineuse.

"Un Fantôme" 1 "les Ténèbres" Baudelaire

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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Mer 12 Oct 2005 - 3:27

Poème de Émile Nelligan

Le Cercueil

Au jour où mon aïeul fut pris de léthargie,
Par mégarde on avait apporté son cercueil;
Déjà l'étui des morts s'ouvrait pour son accueil,
Quand son âme soudain ralluma sa bougie.

Et nos âmes, depuis cet horrible moment,
Gardaient de ce cercueil de grandes terreurs sourdes;
Nous croyions voir l'aïeul au fond des fosses lourdes,
Hagard, et se mangeant dan sl'ombre éperdument.

Aussi quand l'un mourait, père ou frère atterré
Refusait sa dépouille à la boite interdite,
Et ce cercueil, au fond d'une chambre maudite,
Solitaire et muet, plein d'ombre, est demeuré.

Il me fut défendu pendant longtemps de voir
Ou de porter les mains à l'objet qui me hante...
Mais depuis, sombre errant de la forêt méchante
Où chaque homme est un tronc marquant mon souci noir,

J'ai grandi dan sle goût bizarre du tombeau,
Plein de dédain de l'homme et des bruits de la terre,
Tel un grand cygne noir qui s'éprend de mystère,
Et vit à la clarté du lunaire flambeau.

Et j'ai voulu revoir, cette nuit, le cercueil
Qui me troublait jusqu'en ma plus ancienne année;
Assaillant d'une clé sa porte surannée
J'ai pénétré sans peur en la chambre de deuil.

Et là, longtemps je suis resté, le regard fou,
Longtemps, devant l'horreur macabre de la boîte;
Et j'ai senti glisser sur ma figure moite
Le frisson familier d'un ebête à son trou.

Et je me suis penché pour l'ouvrir, sans remord
Baisant son front de chêne ainsi qu'un front de frère;
Et, mordu d'un désir joyeux et funéraire,
Espèrant que le ciel m'y ferait tomber mort.

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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Mer 12 Oct 2005 - 3:39

Poème de Émile Nelligan

Soirs Hypocondriaques

Parfois je prends mon front blêmi
Sous des impulsions tragiques
Quand le clavecin a frémi,

Et que les lustres léthargiques
Plaquent leurs rayons sur mon dueil
Avec les sons noirs des musiques.

Et les pleurs mal chachés dans l'oeil
Je coursa affolé par les chambres
Trouvant partout que triste accueil;

Et de grands froids glacent mes membres:
Je cherche à me suicider
Par vos soirs affreux, ô Décembres!

Anges maudits, veuillez m'aider!

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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Mer 12 Oct 2005 - 3:47

Poème de Émile Nelligan

Un Poète

Laissez-le vivre ainsi sans lui faire de mal!
Laissez-le s'en aller; c'est un rêveur qui passe;
C'est une âme angélique ouverte sur l'espace,
Qui porte en elle un ciel de printemps auroral.

C'est une poésie aussi triste que pure
Qui s'élève de lui dans un tourbillon d'or.
L'étoile la comprend, l'étoile qui s'endort
Dans sa blancheur céleste aux frissons de guipure.

Il ne veut rien savoir; il aime sans amour.
Ne le regardez pas! que nul ne s'en occupe!
Dites même qu'il est son propre sort dupe!
Riez de lui!... Qu'importe! il faut mourir un jour...

Alors, dans le pays où le bon dieu demeure,
On vous fera connaître, avec reproche amer,
Ce qu'il fut de candeur sous ce front simple et fier
Et de tristesse dans ce grand oeil gris qui pleure!

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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Dim 28 Mai 2006 - 15:25

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abyme,
O Beauté? ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore;
Tu répands des parfums comme un soir orageux;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres?
Le destin charmé suit tes jupons comme un chien;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit: Bénissons ce flambeau!
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel et de l'enfer, qu'importe,
O Beauté! monstre énorme, effrayant, ingénu!
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu?

De Satan ou de Dieu, qu'importe? Ange ou sirène,
Qu'importe, si tu rends,-fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine!-
L'Univers moins hideux et les instants moins lourds?


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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Dim 28 Mai 2006 - 21:02

Petite fille, en chaussons roses,
Petite fille, j'étais ta rose maman.
Petite fille aux boucles blondes,
J'avais appris à faire la ronde maman.



Moi je t'aimais, Je t'aimais, si fort...
Je me battais sans fin, pour te plaire,
Mais en vain.
Maman je t'aimais, Je t'aimais, si fort...
La fleur dont tu révais, je te l'apporterais



Toi, toi tu me voulais belle
Comme je bleu de tes yeux,
Moi je m'y suis noyé, je n'ai pas su faire mieu.
Alors j'ai fais comme dans les contes
jai joué à la sirène,
D'une voix de cristal
Chavire ma peine....



Petite femme, au lèvre roses,
Petite femme de pas grand chose Maman.
Je suis partie sans but ni cause,
Depuis ce jour, ta porte est close, Maman.



Moi je t'aimais, Je t'aimais, si fort...
De ma voix de cristal je t'envoie des pétales.
Maman, je t'aimais, je t'aimais si fort.
La fleur dont tu révais, je te l'apporterais


Mais viens redonne moi la main,
et le bleu de tes yeux,
La vie de ma sirène en est l'enjeu.



Toi, toi tu me voulais belle
Comme je bleu de tes yeux,
Moi je m'y suis noyé, je n'ai pas su faire mieu.
Alors j'ai fais comme dans les contes
jai joué à la sirène,
D'une voix de cristal
Chavire ma peine....


Maman je t'aimais, je t'aimais si fort,
De ma voix de cristal, je t'envoie des pétales...


C'est une chanson de Robert, Mais elle à été écrite par Amélie Nothomb.

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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Dim 28 Mai 2006 - 21:06

haaaan amélie nothomb tres bonne écrivain je l'aimeuh !!
j'adore tout particulierement "stupeur et tremblements"
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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Mar 16 Jan 2007 - 19:18

Maîtresse, embrasse-moi...


Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi,
Haleine contre haleine, échauffe-moi la vie,
Mille et mille baisers donne-moi, je te prie;
Amour veut tout sans nombre, Amour n'a point de loi,

Baise et rebaise-moi; belle bouche, pourquoi
Te gardes-tu, là-bas, quand tu seras blèmie,
A baiser de pluton ou la femme ou l'amie,
N'ayant plus ni couleur, ni rien de semblable à toi?

En vivant presse-moi de tes levres de roses;
Bégaye en me baisant, à lèvres demi closes,
Mille mots tronçonnés, mourant entre mes bras.

Je mourrai dans les tiens, puis, toi ressuscitée,
Je ressusciterai; allons ainsi là-bas;
Le jour, tant soit-il court, vaut mieux que la nuitée.

Pierre de Ronsard
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hakim
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MessageSujet: Re: POEMES D'AUTEURS CONNUS...   Mar 23 Jan 2007 - 20:44

LE GOÛT DU NÉANT
CHARLES BAUDELAIRE


Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte,
L'Espoir, dont l'éperon attisait ton ardeur,
Ne veut plus t'enfourcher ! Couche-toi sans pudeur,
Vieux cheval dont le pied à chaque obstacle butte.

Résigne-toi, mon coeur ; dors ton sommeil de brute.

Esprit vaincu, fourbu ! Pour toi, vieux maraudeur,
L'amour n'a plus de goût, non plus que la dispute ;
Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flûte !
Plaisirs, ne tentez plus un coeur sombre et boudeur !

Le Printemps adorable a perdu son odeur !

Et le Temps m'engloutit minute par minute,
Comme la neige immense un corps pris de roideur ;
Je contemple d'en haut le globe en sa rondeur
Et je n'y cherche plus l'abri d'une cahute.

Avalanche, veux-tu m'emporter dans ta chute ?
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POEMES D'AUTEURS CONNUS...

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