Y a t’il une vie après la vie ? Je me posais sans cesse cette question, jour après jour, nuit après nuit. Si savoir la réponse m’était si important, c’était car je savais mon temps compter. Mon corps était rongé par cette maladie. Chaque jour, je me sentais moins fort, moins vivant mais je ne voulais pas mourir. J’avais trop peur de ce qui m’attendait après la vie. La peur qu’il n’y ait rien après la vie remplissait mes nuits de cauchemars. Je me voyais pourrir et retourner au néant. Je n’étais plus rien. Tout était obscurité autour de moi. Je me sentais oppressé comme si j’étais enfermé dans un espace réduit. Puis je me réveillais suant à grosses gouttes.
Les semaines passaient et j’avais de plus en plus de mal à quitter mon lit. Je sentais mon heure arriver. J’allais découvrir par moi-même ce qu’il y avait après la vie. Je passais mon temps à réclamer l’attention et l’amour de mes parents pour lutter contre les cauchemars qui revenaient inlassablement. Je craignais qu’il n’y ait que ténèbres et néant après la vie alors que je pensais devoir vivre encore tant de choses.
Une nuit, mon cœur battait au ralenti et je ne sentais plus le bas de mon corps. Je pensais que mon heure était arrivée et que j’allais avoir ma réponse. C’était ce que je croyais mais ce n’était pas la mort qui vint. C’était un homme qui s’était introduit dans ma chambre et me contemplait. Qui était-ce ? Je ne le découvris que plus tard. Sa peau était blanche et attirait le reflet de la lune à travers la fenêtre. Ses yeux étaient d’un bleu qui tirait sur le gris et étaient plein de larmes. Pourquoi pleurait-il ? Sa bouche était tordue par la douleur. Mais de quoi souffrait-il ?
Etait-ce parce qu’il me savait mourant ? Je voulais lui demander mais j’avais la bouche trop sèche, pas un mot n’en sortit. Il me parla sans ouvrir la bouche, j’en étais certain. Il me disait qu’il pouvait me guérir si j’acceptais de le suivre et de quitter ma famille. Ce fut difficile à choisir mais je décidai d’accepter son offre car, quoi qu’il en soit, mes parents seraient tristes. Je pensais malgré tout qu’il leur serait moins dur à supporter de me savoir parti que mort. Tant qu’il ne saurait pas, il pourrait espérer que je sois en vie quelque part. Il esquissa un faible sourire au choix que j’avais fait. Il dévoila ses dents et se pencha sur moi. Il planta ses canines dans ma gorge et aspira mon sang. Je me sentais de plus en plus faible et croyais qu’il allait me tuer mais il s’arrêta de boire. Il s’entailla le poignet et me fit boire son sang. Je me sentais gagner par une énergie nouvelle plus je buvais. Réticent au début, j’aspirais maintenant son sang avidement. Il retira son poignet en me disant que ça suffisait.
Il me fit me lever et m’ordonna de m’habiller. Je revêtis un jeans ainsi qu’un pull noir puis nous quittâmes la maison. Que c’était bon de sentir la fraîcheur de la nuit m’envelopper et le vent caresser mes joues. J’avais oublié cette joie si simple de respirer et de marcher dans la rue. Je me sentais bien vivant et heureux d’aller ainsi en longeant les maisons collées les unes aux autres. Je n’avais que faire d’où nous allions tant je revivais après ces semaines voire ces mois passés au lit. Il nous guidait vers le cimetière et l’église.
Nous pénétrâmes dans l’église et descendîmes dans ses catacombes. Il me guida jusqu’à ce qui lui servait de demeure. C’était une grande crypte au milieu de laquelle siégeaient deux cercueils en pierre. L’un deux était entrouvert et était vide, l’autre était fermé. Il s’approcha de celui qui était fermé et poussa le couvercle. Il en sortit un squelette et le jeta dans un coin de la crypte. Il m’invita à m’allonger dedans et referma le couvercle sur moi. Mes cauchemars étaient devenus réalité mais pourtant je me sentais bien vivant. J’étais oppressé par cet espace réduit et l’obscurité qui y régnait. Malgré tout j’arrivais à distinguer mes mains devant mon visage. Je réfléchissais à la situation qui était la mienne et me dit que je n’avais qu’à attendre de voir ce qu’il allait advenir.
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Haïssez moi tous, autant que je le hais lui.
