Minuit sonne au clocher alors que tout le village, ou presque, est endormi. Dans le ciel, très peu d'étoiles sont visibles et la lune est pleine et d'une teinte rousse. Un hurlement lugubre vient troubler le silence de mort qui règne en ces lieux depuis que le soleil a disparu à l'horizon. Quelques instants après l'hurlement qui s'est élevé au dessus du village, un cri de terreur surgit d'une des maisons bordant le cimetière puis tout redevient aussi silencieux qu'auparavant. Une heure interminable s'écoule puis le hurlement lugubre se fait à nouveau entendre, dans une maison au centre du village, suivi quelques instants plus tard autre cri de terreur. Le restant de la nuit file sans qu'aucun cri ou hurlement ne trouble le silence pesant.
Avec le lever du soleil, le village reprend vie et les habitants se réveillent tous dans leurs demeures. Dans la maison bordant le cimetière puis dans la maison au centre du village, des cris et des pleurs résonnent lorsque les parents découvrent les corps blêmes et sans vie de leurs enfants. Les voisins accourent, alertés qu'ils sont par ce remue-ménage, et découvrent le triste spectacle des mères en pleurs affalées aux pieds des lits de leurs enfants. Les corps des enfants présentent tous les deux des marques aux bras, signes qu'ils ont été fortement retenu pour qu'ils ne puissent se débattre, ainsi que deux petits trous dans leurs cous.
Le prêtre du village est appelé dans chacune des maisons pour rendre les derniers sacrements aux corps inanimés des enfants. Les parents se tiennent droits aux chevets des lits de leurs enfants, les yeux rougis par toutes les larmes versées et celles ne demandant qu'à couler. Le croquemort s'affairent à construire deux cercueils de tailles adaptés aux corps des enfants et les fossoyeurs creusent deux trous pour les y enterrer. Les parents et les villageois sont scandalisés de voir que le prêtre a pris les dispositions afin de procéder avant la fin de la journée aux enterrements mais celui-ci se défend en annonçant à tout bout de champ que c'est l'oeuvre d'une créature du diable et que les corps doivent être mis en terre le plus rapidement pour le salut de l'âme des enfants.
Après une journée où le croquemort, les fossoyeurs et le prêtre ont préparé la mise en terre des deux enfants, l'enterrement va commencer alors que le soleil à déjà commencé sa descente à l'horizon. Le prêtre est en train de prononcer les paroles pour que Dieu acceuille les enfants à ses côtés au paradis alors que le soleil a complètement disparu à l'horizon, faisant place à la nuit. Les deux cercueils, qui avaient déjà été placé dans les trous, commencent à remuer tandis que l'on entend de petits cris qui ressemblent à des pleurs d'enfants mélangés à des grognements animaux. Les deux enfants cognent contre les couvercles de leurs cercueils puis, tout à coup, les couvercles se fissurent puis volent en éclats, laissant apparaît à la vue de tous, les deux enfants, la peau blême, les yeux brillants d'un éclat malsain, et les lèvres retroussés découvrant des canines longues et pointues.
Les deux enfants se lèvent et sautent hors de leurs cercueils et des trous dans lesquels ils reposent et se jettent sur le prêtre, lui attrapent les bras, plantent leurs canines dans ses poignets et le vident de son sang. Tous les villageois qui s'étaient réunis pour l'enterrement fuient le cimetière pour leur salut et se précipitent vers l'église à l'intérieur de laquelle ils se réfugient. Les parents des deux enfants sont bouche-bée en contemplant leurs progéniture tuer le prêtre en le vidant de son sang. Ils les implorent d'arrêter et leur tendent les bras pour les serrer contre leurs coeurs. Les deux enfants, une fois fini leur repas religieux, s'approchent de leurs parents respectifs et se nichent dans les bras qui leur sont tendus avant d'enfoncer leurs canines dans leurs gorges et de les vider de leur sang.
Une fois leur repas terminé, ils laissent les corps sans vie de leurs parents et du prêtre dans les tombes ouvertes qui devaient être leurs dernières demeures et se dirigent vers l'église dont les portes ont été fermé par les villageois.
Lorsqu'ils arrivent devant les portes de l'église, un être, aux habits sombres, les rejoint et leur sourit avant de tendre l'oreille pour percevoir la peur qui a gagné les habitants. Il demande aux deux enfants de s'écarter un peu puis en projetant son énergie sur les portes, il les fait exploser en mille morceaux, des éclats se plantant dans les corps des villageois qui étaient collés à l'entrée de l'église. Les deux enfants exités par le sang perlant des plaies des villageois se languissent d'entrer dans l'église pour se repaître de leur sang mais ils attendent l'autorisation de celui qui est leur maître.
Ce dernier s'avance au milieu de cette forêt de corps transpirant la peur et le sang chaud. Il remplit ses narines de ce parfum qui lui est si délicieux et saisit une jeune femme à la gorge la soulève puis la vide de son sang qui coule à torrent dans sa gorge. Il jette le corps sans vie contre l'effigie de la vierge Marie qui orne l'une des cavités de l'église puis se dirige vers un groupe de personnes aux cheveux gris-blanc et se déchaîne avec une telle violence qu'il réduit leurs corps en lambeaux, leur sang ne l'intéressant pas. Les deux enfants attendent toujours à l'entrée de l'église, contemplant avec envie le spectacle qui s'offre à eux. Leur maître s'acharne sur tout les villageois qui s'étaient réfugiés dans l'église les vidant de leur sang ou les déchiquetant en lambeaux puis, une fois son forfait terminé, s'approche des deux enfants et leur annonce qu'ils vont bientôt avoir des frères et soeurs. En attendant que leur nouvelle famille se réveille, leur maître les conduit dans sa crypte et les allonge dans un cercueil en pierre.
Le lendemain soir, lorsque les deux enfants se réveillent et découvrent le couvercle de leur cercueil ouvert. Ils en sortent et quittent la crypte où leur maître les avait conduit avant le lever du soleil. En arrivant à l'extérieur, ils découvrent que tout les villageois qui ont été vidé de leur sang par leur maître ou par eux-mêmes sont debout et errent tels les goules qu'ils sont devenus, se battant les uns contre les autres, affamés qu'ils sont, prêts à s'entredévorer. Leur maître apparaît et toutes les goules s'agenouillent, les yeux fixant le sol, tant la crainte et la vénération qu'il leur inspire est grande. Il regarde ses deux enfants, le regard chaleureux, puis esquisse un sourire dévoilant ses longues canines. Le village leur appartient dorénavant, maudit et abandonnée aux créatures damnées, lieu qui sera la tombe de toutes les âmes errantes qui auront le malheur d'y pénétrer lorsque le soleil se couchera à l'horizon.
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Haïssez moi tous, autant que je le hais lui.
