Je la vois nettement.
Je sais qui elle est.
Mais je ne la connait pas.
Je suis à des kilometres d'elle,mais je sens que je pourrais presque la toucher.
En cet etrange instant,elle,que je n'ai jamais vue,est bien plus réelle pour moi que tout ce qui m'entoure.
Parce qu'elle va mourrir.
Et que je suis seul à le savoir.
Parce que je la vois morte.
Mes visions qui me rendent fou,qui m'ont forcé à m'éloigner de tous,et qui m'ont réduit au sinistre état de quasi non-existence dans lequel je me trouve à présent.Ces visions qui m'ont valu le rejet de mes semblables humains,que j'ai autrefois maitrisées,mais auxquelles je me suis maintenant abandonné,pantin incapable de distinguer mon présent et pourtant submergé par l'avenir des autres;emputé de mon destin,mais détenteur de celui de tous.
Ces visions,dans leur maelsrÖm incessant,ont choisi de me montrer ceci.
Cette fille morte.
Cette fille que je n'ai jamais vue.
Et je suis maintenant seul à savoir qu'elle va mourrir.
Cette fille qui vit au chateau et sa vie de servante qu'elle pense toute tracée.Cette fille à peine consciente qu'il existe un monde au delà des sombres remparts du chateau;un monde pourtant tout aussi cruel.
Je n'y ai pas prêté attention jusque là,mais je m'aperçois qu'elle a de longs cheveux blonds.
Après la vision,je ne sais pas comment je l'ai retrouvée;puisque je suis incapable de savoir à quoi elle ressemble,alors que je la vois comme si j'etais face à elle.
Mais mon excentricité,que mes semblables idiots et ignorants qualifieraient de don,ne me donnent jamais de doutes;que d'infâmes certitudes.
C'est bien cette fille.
Et elle va mourrir.
Ce que je fais là,je ne le sais pas.Mes actions d'alors;je suis incapable de les expliquer.
Je n'ai aucune motivation.
J'agis sans savoir pourquoi.
J'ouvre la porte de sa prison,élargissant sa vision du monde.
Sans savoir au juste ni pourquoi ni comment,elle sort de sa prison pour découvrir ce qu'elle n'a jamais pu connaitre.
L'impression est etrange.
Je sais qu'elle ne me voit pas.
Je ne suis même pas auprès d'elle.
Mais malgrè la distance qui nous sépare réellement,je crois qu'elle sent confusément qu'elle n'est pas seule,et c'est ce qui lui donne le courage de plonger vers l'inconnu.
Cette impresson me gène.
C'est comme un rêve.
Quand elle marche vers la sortie,personne ne la retient.Personne ne semble la voir.Elle sait où passer.Les portes pourtant closes s'ouvrent devant elle.
Elle va où je la guide,sans pour autant savoir que quelqu'un la guide.
Toujours est-il qu'elle se retrouve dehors et qu'elle diparait dans la forêt.
Je me sens fatigué.Cette fille ne me concerne pas,et je n'ai qu'une envie;m'abandonner à nouveau à mes visions,qui sont mon enfer,mais aussi mon seul refuge.
Calme,je me livre à ma damnation et je les sens affluer vers moi.
mais quelque chose ne va pas.
Une impression piquante qui me titille et m'empêche de relâcher mon esprit.
Je prends doucement conscience de ce qui vient de se passer.
Cette fille;je viens de l'abandonner seule en fôret.
Je l'ai laissée dans un univers dangereux,et inconnu d'elle.
Sans savoir ce que je fesais,je lui ai évité la mort pour la précipiter là...
Cela suffit.
J'en ai assez fais.
je ne lui dois rien,et elle non plus.
Je ne veux plus y penser.
Je veux me retirer à nouveau,et ne plus me préocuper du monde.
Mais le titillement persiste,et l'abandon ne vient pas.
Je n'ai plus qu'une solution.
C'est ainsi que je quitte un lieu d'où je n'avais pas bougé depuis des années.
Je découvre qu'étrangement,je peux toujours me déplacer.
Mon don maudit qui m'a privé de mon existence et dans lequel je me suis réfugié,a dissout mon corps,mais ne l'a pas enchainé à ce lieu.
Ne reste de moi qu'une vague conscience spectrale,mais qui peut toujours se déplacer et qui part rejoindre une jeune fille perdue dans les bois.
Je veux partir.Je veux retourner à mes rêves qui seront un jour la réalité de quelqu'un d'autre.
Je l'ai retrouvée.
l'endroit est idyllique.
Entre les feuilles des arbres passent des taches de soleil.Entre elle et moi coule un ruisseau au bord duquel elle est assise.
En pleurs.
Je veux retourner à mes rêves.
Je veux partir.
Je reste des heures à la regarder pleurer,à ne souhaiter qu'une chose;qu'elle s'arrete.
J'ai quitté la société humaine à cause de ma bizarrerie.
Ce n'est pas un don que j'ai,c'est une malédiction.
Il aurrait du me grandir;il m'a anéanti.
J'avais les cartes en mains pour aider les gens;je n'ai causé que leur souffrance et la mienne.
Par ailleurs,je leur ai toujours fait peur,et où que j'aille,ils m'ont toujours haÏt pour ça.Et je les hais aussi.
Je n'ai pas ma place parmis eux.
Je l'ai toujours su.
Ils me l'ont toujours prouvé.
Et j'aurais du me le rappeller,et laisse cette fille où elle était.
Il faut que je parte.
Ne plus intervenir.
Partir d'ici.
Si seulement elle arretait de pleurer.
je veux retourner à la place que je n'aurais jamais du quitter.
Avec soulagement,je sens les visions revenir.
Et elles me montrent...des feuille qui bougent...
Je m'élance et j'atteins la fille juste à temps pour me pencher sur elle et lui faire un bouclier.
Les feuilles bougent.
Il n'y a pourtant pas de vent.
On entend hurler un courrant d'air.
Qui n'existe pas.
Ce qui la menaçait la cherche.
Et enrrage de l'avoir perdue.
Et elle,je ne sais comment,ressent le danger qui pèse sur elle.
Mais heureusement,elle reste muette de stupeur,recroquevillée sur elle même,tandis que le vent qui n'en est pas un,devient tempêteet me fouette le dos;inquisiteur,à la recherche de la fille.
Mais je l'entoure et il ne peut la trouver.
Cela dure quelques minutes,puis ,plus rien.
Quoique ce soit,c'est allé chercher ailleurs.
Cette fois,c'est bel et bien terminé.
J'en ai assez fais.
Je me retire et m'éloigne.
Mais quelque chose me retient.
"Il y a quelqu'un?"
La stupeur m'arrete,mais c'est une erreur.
Elle s'etait lancée derriere moi...
Et du coup me traverse!
Et la voilà qui acquiert la certitude de ma présence.
"Je le savais!Aidez-moi,s'il vous plait!
Je suis perdue,et je ne sais pas où aller!
Cette chose me cherche!"
C'est peut-etre un hasard,mais elle pose les yeuxà l'endroit précis où je me trouve.
Et quel regard...
Des yeux à déchirer une âme alors que je ne me souvenais pas d'en avoir une.Beaucoup d'ailleurs affirmeraient que ce n'est pas le cas.
Je ne peux pas regarder ça.
Je m'en vais.
"Attendez!Ne me laissez pas seule!"
Ses cris se perdent derriere moi alors qu'elle ne parvient pas à me rattrapper.
"Dites-moi au moins qui vous etes!"
Alors,sans ralentir,je commets ma derniere erreur.
En passant sur un banc de sable,je trace sur le sol un mot qu'elle trouvera plus tard,si elle continue à me suivre.
Un seul mot
Klaad.
Une grande lassitude.
je viens de me rappeller qu'il y a,il me semble une eternité,j'avais un nom...
_________________
J'ai mal aux cheveux...la verveine c'est redoutable;ça vous fait pisser sous la table comme un rat!